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Quand Natalie Portman sombre dans la folie (vidéo)

Thriller psychologique teinté d'épouvante, "Black Swan", de Darren Aronofsky, plonge Natalie Portman dans les affres de la création artistique, en lui offrant le rôle troublant d'une danseuse étoile que l'obsession de la perfection fait sombrer dans la paranoïa et la folie.

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Le film est l'un des poids lourds de la saison des prix à Hollywood et concourra aux prochains Oscars dans cinq catégories, dont celles de meilleur film, meilleur réalisateur et meilleure actrice. A 29 ans, Natalie Portman trouve dans Nina l'un de ses rôles les plus puissants. Il lui a déjà rapporté en janvier le Golden Globe de la meilleure actrice dans un film dramatique et un prix du Syndicat des acteurs américains.

Itinéraire d'une danseuse ratée
L'actrice, volontiers décrite comme "cérébrale", est dans son élément dans ce thriller qui se plaît à brouiller la frontière entre imagination et réalité. Nina Sayers est danseuse étoile au New York City Ballet. Inhibée, totalement infantilisée par sa mère (la terrifiante Barbara Hershey), une danseuse ratée qui ne vit que par et pour le succès de sa fille, la jeune femme tente désespérément de convaincre le maître de ballet Thomas Leroy (Vincent Cassel) de la choisir pour le rôle principal du "Lac des cygnes". Un rôle double, puisque la danseuse doit interpréter à la fois Odette, "le cygne blanc" chaste et pur, promise au prince Siegfried, et son double damné, le "cygne noir" Odile (black swan, en anglais), qui séduit le prince et condamne Odette à la solitude éternelle du lac des cygnes.

Humiliée
Aussi séducteur que tyrannique et manipulateur, Leroy finit par lui donner le rôle, mais pour mieux l'humilier lors des répétitions, raillant son incapacité à donner vie à Odile, qu'il veut provocante, libérée et débordante de sensualité. Les sentiments ambivalents de Nina pour le maître de ballet se compliquent encore avec les rivalités entre les danseuses.

Elle sombre dans la folie
Nina remplace en effet Beth (Winona Ryder), l'ancienne muse de Leroy, et voit d'un mauvais oeil l'arrivée de Lily (Mila Kunis), qu'elle considère comme une rivale potentielle. Entre son manque de confiance en elle, sa nature complexée, son obsession de la perfection, sa jalousie maladive et sa difficulté à adhérer à la vision artistique de Leroy, Nina, en proie aux hallucinations et au délire, va peu à peu sombrer dans la paranoïa et la folie.

Scène lesbienne
Darren Aronofsky, en bon lecteur de Freud, situe le mal-être de Nina dans ses pulsions sexuelles refoulées et le film peut être vu comme l'impossible émancipation d'une jeune fille condamnée à la virginité par sa mère possessive - avec pour exutoire une scène de lesbianisme... réelle ou imaginaire.

Le réalisateur de "Pi", "Requiem for a dream" et "The Wrestler" (qui a relancé la carrière de Mickey Rourke) n'hésite pas à mélanger drame psychologique, thriller et épouvante, comme pour illustrer le chaos intérieur de Nina, qui ne trouve refuge ni dans la danse ni dans sa chambre rose. Dans un récent entretien à l'AFP à Hollywood, Vincent Cassel avait témoigné de sa "fascination" pour Darren Aronofsky, soulignant que sa manière de travailler lui avait semblé "complètement fluide et naturelle".

Gros succès
Le film au budget modeste de 13 millions de dollars - selon les critères hollywoodiens - a été l'un des succès surprise du box-office nord-américain, où il se dirige lentement mais sûrement vers les 100 millions de dollars de recettes, un excellent score pour un film d'auteur. Quant à Natalie Portman, le film ne lui a pas seulement offert des trophées mais aussi un fiancé: le danseur et chorégraphe français Benjamin Millepied, rencontré pendant le tournage et dont elle attend son premier enfant. (afp)