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Elton John © DR

“Rocketman” est génial: vous n’écouterez plus jamais une chanson d’Elton John de la même façon

“Rocketman” sortira le 29 mai en Belgique. Faut-il aller le voir? Oui, oui, trois fois oui. Avant la projection, on se demandait comment un énième biopic allait pouvoir nous faire vibrer, quelques mois après “Bohemian Rhapsody”. D’autant que par ici, on reconnaît le talent d’Elton John sans pour autant lui vouer une folle admiration. En sortant de là, c’est le pouvoir du cinéma, on a envie d’aller le serrer dans nos bras. 

“Rocketman” est un petit bijou dans son genre et il doit sa réussite avant tout à la prestation absolument dingue de Taron Egerton. Les costumes excentriques d’Elton John étaient taillés pour lui. Taron Egerton se glisse avec une facilité déconcertante dans la peau de la star planétaire. Elton John a confié à l’issue de la projection qu’en voyant le film, il oubliait l'acteur, il se voyait lui, c’est dire comme ça sonne juste... Taron a eu une chance que Rami Malek, interprète de Freddie Mercury, n’a pas eue: il a pu passer des heures et des heures avec son sujet, l'étudier, l’interroger. “Et vous pouvez lui poser toutes les questions que vous voulez, Elton répond à tout”, souriait Taron en conférence de presse.

Là encore, c’est un point fort de “Rocketman”. On reprochait à “Bohemian Rhapsody” d’avoir éludé certains sujets, pour une histoire lisse, qui plaise au plus grand nombre. “Rocketman” a pris le parti de montrer Elton John dans ses moments les plus fulgurants mais également dans les plus vulnérables. “J’ai voulu faire attention avec les scènes où Elton prend de la drogue”, a détaillé le réalisateur Dexter Fletcher. “Je voulais éviter qu’elles apparaissent comme quelque chose de cool, comme on l’imagine dans une vie sex, drogue & rock’n roll. Il n’en demeurait pas moins que cela faisait partie de sa vie et il n’était pas question d’éluder cet aspect.”

Avant d’être Elton le flamboyant, il était le petit Reginald Dwight et souffrait de sentir qu’il encombrait ses parents. Il voulait être aimé si fort que sa première relation amoureuse fut dévastatrice: aveuglé par ses sentiments, Elton n’a pas compris qu’on profitait de lui. Suivront des années d'abus en tout genre, drogue et alcool en tête. Jusqu’au jour de trop, le jour où il a décidé de se faire désintoxiquer. Il est sobre depuis, ça fait plus de 20 ans.

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Taron Egerton dans la peau d'Elton John © DR

 “Rocketman” a l’intelligence de s’écarter des schémas de biopics classiques. Le réalisateur Dexter Fletcher estime qu’il s’agit plutôt d'un album de souvenirs. On ne déroule pas le fil de façon chronologique et les chansons servent l’histoire. “Ce sont des histoires incroyables, dont les paroles en disent souvent long sur lui”, confie Fletcher. “Rocketman” rassemble donc les moments les plus cruciaux de la vie d’Elton John au lieu de s’obstiner à vouloir résumer en deux heures 72 ans d’une vie extraordinaire. 

C’est joyeux, enthousiasmant, bouleversant: foncez.