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"Séraphine", sept fois césarisé, est un plagiat

Le producteur et le scénariste du film français "Séraphine", qui a décroché sept César en 2009, ont été condamnés vendredi pour plagiat par le tribunal de grande instance de Paris.
 
Ils avaient été assignés par Alain Vircondelet, spécialiste reconnu de Séraphine Louis, peintre née en 1864 dans l'Oise et morte en 1942 dans un hôpital psychiatrique. Celui-ci avait publié aux éditions Albin Michel une biographie intitulée "Séraphine de Senlis".
 
Ce docteur en histoire de l'art et son éditeur estimaient que de nombreux passages du scénario du film étaient "la reproduction servile ou quasi-servile" de cet ouvrage publié en 1986, identifiant "35 emprunts".
 
Dans son jugement, le tribunal a relevé "neuf cas précis pour lesquels, outre la reprise d'éléments biographiques inventés par M. Vircondelet, on note une similitude dans la formulation employée, parfois au mot près, ce qui permet d'exclure la simple réminiscence derrière laquelle se retranchent les défendeurs".
 
"En reproduisant neuf passages de cette oeuvre (...) sans autorisation préalable, la société TS Productions et M. Martin Provost ont commis des actes de contrefaçon", a-t-elle jugé.
 
La justice les a condamnés solidairement à payer 25.000 euros à M. Vircondelet "en réparation de l'atteinte portée à son droit moral d'auteur", et 25.000 euros à Albin Michel "en réparation de l'atteinte à ses droits patrimoniaux".
 
Séraphine, domestique illuminée devenue peintre autodidacte est incarnée par Yolande Moreau dans le film. Sorti en salles en 2008, il avait obtenu l'année suivante sept César, dont celui du meilleur scénario original. (afp)