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Leonardo DiCaprio à la première britannique de “Once Upon a Time... in Hollywood”. © Photo News

“Tout le monde le veut” mais il ne la ramène pas: nous avons rencontré la seule vraie star d’Hollywood

7sur7 à HollywoodLe terme prête à sourire mais on peut difficilement trouver mieux pour définir la position que Leonardo DiCaprio occupe dans l’industrie du cinéma: selon le Hollywood Reporter, Leo est “la licorne d’Hollywood”. Comprenez: “Il est capable d’engendrer des centaines de millions de dollars sans porter de cape de super-héros, d’agiter un sabre laser ou même d’avoir un agent.” Leonardo DiCaprio a fait de son nom sa propre marque. Son nom à l'affiche est un gage de qualité. Si “Once Upon a Time...” est le meilleur démarrage de la carrière de Tarantino aux Etats-Unis, la présence de Leo n’y est pas étrangère. C’est un ovni qui, si vous analysez ses interviews d’hier et d’aujourd’hui, ne dit rien de lui ou si peu.

Leonardo DiCaprio n’a jamais évoqué sa vie privée publiquement. Et pourtant, vu son tableau de chasse, il y en aurait des choses à dire. L’homme a fréquenté Blake Lively, Gisele Bündchen ou encore Bar Refaeli... Mais au Festival de Cannes, au lieu de s’afficher avec sa chérie du moment Camila Morrone, 22 ans, c’est à ses parents qu’il a offert une place à l’avant-première de “Once Upon a Time...” Camila, elle, paradait seule sur la carpette. Leo ne manque par contre pas de verve quand il s’agit de parler des dangers du réchauffement climatique: sur Instagram ou Twitter, c’est de ça qu’il parle au lieu de faire son autopromotion et quand il a reçu un Oscar pour “The Revenant”, il s’est servi de sa tribune pour insister sur l’importance de la mobilisation. Il n’y a pas eu de remerciements larmoyants. Ses confidences sont rares et il ne foule pas les tapis rouges si ce n’est pas vraiment nécessaire. Son astuce pour éviter d’être cuisiné: assurer la promotion de ses films avec le réalisateur qui a cru en lui.

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Leonardo DiCaprio à la première britannique de “Once Upon a Time... in Hollywood”. © Photo News

Quand on l’a rencontré à Beverly Hills en marge de la sortie de “Once Upon a Time... in Hollywood”, Leo a assuré le job sérieusement, avec application et le sourire mais sans enthousiasme démesuré. Il pèse ses mots, évite les polémiques, les ragots et les photos. Un morceau de tape avait dû être placé sur les objectifs des téléphones des journalistes présents ce jour-là. Un témoin raconte même que les gens devaient éviter de regarder Leo dans les yeux sur le plateau du Tarantino. Le côté bête de foire, très peu pour lui. Et puis il sait qu’à force d’être dans la lumière, on risque de se cramer les ailes. 

Revanche discrète et humilité chevillée au corps

À moins qu’il ne reste en retrait parce qu’il a toujours le sentiment d’être “un outsider”, comme il l’expliquait dans une interview pour Time Out lors de la sortie de “The Revenant”? “C’est pareil pour Martin Scorsese. Il vient de New York et n’a jamais eu l’impression d’appartenir à Hollywood. Je me souviens avoir été rejeté systématiquement par des directeurs de casting quand j’étais jeune. J’avais l’idée qu’un jour, ils allaient me bénir et me dire: Tu fais maintenant partie de cette élite, tu es l’élu.” L’outsider est devenu une super-star mais Leonardo DiCaprio a la revanche discrète et l’humilité chevillée au corps. “J'étais là au bon endroit au bon moment”, dit-il pour expliquer son succès.

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Leonardo DiCaprio avec Kate Winslet et James Cameron sur le tournage de "Titanic". © DR

C’est à James Cameron qu’il doit son entrée fracassante au sommet. Bien sûr, il y avait eu “Romeo + Juliet” un an plus tôt et beaucoup avaient déjà repéré ce garçon au visage tendre mais au regard perçant. Mais c’est “Titanic” qui l’a propulsé sur une autre planète. Le chef de la Paramount, Jim Gianopulos, qui s’occupait de la distribution internationale pour la Fox à l’époque se rappelle: “Leo était déjà un bourreau des coeurs avec Romeo + Juliet mais avec Titanic, c’est devenu complètement dément. C’était la première fois dans l’histoire qu’un film était numéro un dans tous les pays du monde.”

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Leo dans "Once Upon a Time... in Hollywood". © DR

Depuis Leonardo choisit ses projets avec soin. Et il s’absente s’il en a besoin. Quatre ans se sont écoulés entre “The Revenant” et “Once Upon a Time... in Hollywood”, qui sort en Belgique le 14 août. Quentin Tarantino, avec lequel il avait déjà travaillé sur “Django Unchained”, pensait à lui depuis le début: “Je l’avais en tête pour jouer Rick mais je ne savais pas s’il allait dire oui. Je ne voulais pas être présomptueux... Tout le monde le veut...” 

Leonardo a dit oui, très vite. “J’essaie de travailler avec des réalisateurs qui ont des choses à dire et qui ont une vraie vision”, confiait-il à la première britannique du film. Il précise sa façon de faire au Mirror: “Il faut regarder tout ce qui a été fait avant soi. Essayer de se mesurer à certains des plus grands. Je passe ma vie à regarder des films et je suis époustouflé par tout ce qui a déjà été fait.”

Jim Gianopoulos, toujours proche de la star aujourd’hui, confie: “Malgré son succès, sa renommée, il a gardé les mêmes amitiés, les mêmes relations, il reste proche de ses parents. Hollywood peut changer les gens mais n’a pas changé Leo.”

Lorsque nous l’avons rencontré à Beverly Hills, Leo entrait dans les détails: “Je suis un grand fan de films qui parlent d’Hollywood. La vision de Tarantino là-dessus est assez unique.” Leonardo livre une prestation remarquable, une de plus, du personnage de Rick Dalton, un acteur de western qui n’arrive pas à prendre le train du changement en marche. “Rick Dalton est un produit des années 50. Quand l’ère des hippies androgynes arrive, il y a de l’expérimentation dans l’air. Il ne sait pas comment s’adapter à cette nouvelle période. Et ça affecte aussi son meilleur ami et sa doublure pour les cascades, Cliff.” Interprété à l’écran par Brad Pitt.

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Malgré son succès, sa renommée, il a gardé les mêmes amitiés, les mêmes relations, il reste proche de ses parents. Hollywood peut changer les gens mais n’a pas changé Leo.

Jim Gianopoulos, CEO de Paramount

“J’ai appris beaucoup en faisant mes recherches sur Rick Dalton”, continue Leo. “J’ai appris beaucoup sur ce sous-genre et sur ces acteurs qui étaient vraiment l’inspiration pour le personnage de Rick Dalton: Eddie Burns, Ty Hardin, Ralph Meeker... Ralph Meeker est vraiment l’un des acteurs préférés de Quentin. Et c’est un acteur dont je n’avais jamais entendu parler. Quand vous entrez dans sa carrière, que vous regardez son CV, vous vous rendez compte que ce gars a disparu historiquement mais qu’il a eu un impact émotionnel énorme. Il fait partie de ces gens qui n’ont pas les carrières dont nous parlons tous mais qui ont apporté leur propre contribution artistique significative.”

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Leonardo DiCaprio le répète: c’est Quentin Tarantino avant tout qui lui a donné envie de reprendre le chemin des studios. “Quentin a vraiment inventé son propre vernaculaire dans sa contribution au cinéma. C’est tellement amusant pour nous parce que ce sont les meilleurs dialogues que vous n’aurez jamais l’occasion de mâcher. C’est une vraie joie dans le processus. Parce que oui, il y a le résultat final, que nous recherchons toujours mais il y a aussi le processus... Vous savez comment on vit notre vie, nous nous dédions pendant des mois et des mois à un projet et ce projet-là ne nous a pas déçus.”

Celui qui dit vivre “dans un état de nostalgie constant”, n’écoutant “que de la vieille musique” et ne regardant “que des vieux films”, a particulièrement aimé faire un bond en arrière. Quentin Tarantino ne fait pas les choses à moitié: si son film se déroule en 1969, il transforme les rues et s’assure de pouvoir faire des prises de vues réelles. “Je suis natif de Los Angeles et j’avais une vision romantique de ce à quoi 1969 ressemblait. Mais en fait c’était bien plus trash que ce que je pensais. On a été transportés dans le temps. C’est incroyable. En tant qu’acteur, ça ne fait qu’alimenter ces petits moments de nuances de la réalité.” 

“Once Upon a Time... in Hollywood” est à voir dès le 14 août au cinéma.

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