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Un Magritte pour "Ni juge ni soumise", "Nos batailles" meilleur film

UpdateLes Magritte du cinéma ont été remis ce samedi soir au cour d'une cérémonie au ton irrévérencieux grâce au maître de cérémonie, le drôle et grinçant Alex Vizorek qui n'a manqué d'égratigner personne. Côté récompenses, on notera le triomphe de "Nos batailles" (cinq prix), "Girl" (cinq prix) et "Ni juge ni soumise" (meilleur documentaire), mais aussi le très beau palmarès de "Laissez bronzer les cadavres".

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Anne Gruwez © photo_news
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Arieh Worthalter pour "Girl" de Lukas Dhont © photo_news
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Le prince Laurent et sa fille Louise © belga
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Le très polémique "Ni juge ni soumise", de Jean Libon et Yves Hinant et avec la juge d'instruction Anne Gruwez, s'est vu décerner le Magritte du meilleur documentaire. Les réalisateurs en ont profité pour saluer la Justice et la remercier de lui avoir "fichu la paix", du moins durant le tournage. "Merci à la justice qui nous a ouvert toutes les portes et qui nous a aussi foutu la paix. Merci à tous... sauf une personne", a taclé sur scène Jean Libon. 

Le film "Girl" de Lukas Dhont a tout d'abord récolté le Magritte du meilleur scénario. Manu Dacosse est quant à lui récompensé par le Magritte de la meilleure image pour "Laissez bronzer les cadavres", qui a également reçu le prix du meilleur son et des meilleurs décors. Trois premiers Magritte pour "Nos batailles": le meilleur espoir féminin, le meilleur montage et le meilleur seconde rôle féminin (Lucie Debay), avant d'en décrocher deux autres (voir plus bas).

"Bitter flowers" est élu meilleur premier film. Le Tournaisien Nicolas Boucart a quant à lui remporté le Magritte du meilleur court-métrage de fiction pour "Icare", qui était par ailleurs sur la shortlist des Oscars. Le meilleur court de l'animation est "La bague au doigt" de Gerlando Infuso. Le Magritte de la meilleure musique originale revient à Simon Fransquet dans "Au temps où les Arabes dansaient" de Jawad Rhalib.

Le Magritte d'honneur a été décerné à Raoul Servais, réalisateur belge d'animation visionnaire qui a reçu la Palme d'or à Cannes en 1979. Le Magritte du meilleur second rôle a ensuite été remis à Arieh Worthalter dans "Girl".

Guillaume Senez a lui été consacré comme meilleur réalisateur pour son film "Nos batailles", avec Romain Duris. Lukas Dhont a quant à lui reçu le prix du meilleur film flamand pour "Girl" (en savoir plus sur le film). Il en a profité pour souligner l'ouverture du premier "Refuge" à Bruxelles, lieu de chute pour jeunes LGBT en difficulté. Victor Polster, toujours pour "Girl", a reçu le Magritte du meilleur acteur. Lubna Azabal est meilleure actrice pour son rôle dans "Tueurs" de François Troukens et Jean-François Hensgens. "Nos batailles" a enfin reçu le Magritte du meilleur film.

Le délicieux humour d'Alex Vizorek
Le maître de cérémonie Alex Vizorek a décidé de donner du punch à l'événement en rythmant la soirée de remarques parfois piquantes, osant plaisanter sur les accusations contre Roman Polanski, sur l'incompréhension entre Wallons, Bruxellois et Flamands, sur la faible représentation germanophone, sur la manière d'être sélectionné aux Magritte du cinéma et en se moquant allègrement de Didier Reynders, Alda Greoli ou du prince Laurent, pourtant présent dans la salle avec sa fille Louise: "Le cinéma est comme vous, il se plaint souvent qu'il n'a pas de sous" et glissant au passage une allusion à Delphine Boël, fille illégitime du roi Albert. Et de se moquer de François Damiens qui, une fois de plus, est reparti sans prix: "J'en connais un qui va se mettre une mine ce soir".

Anne Gruwez brave la mise en garde de Luc Hennart
Alors que "Ni juge ni soumise" de Jean Libon et Yves Hinant était nommé dans la catégorie "Meilleur documentaire" aux Magritte mais aussi aux César, Anne Gruwez s'est vu interdire, par Luc Hennart, de s'exprimer publiquement sur le film depuis avril 2018 et aussi de participer aux deux cérémonies. La juge d'instruction a entre-temps pris un avocat pour défendre ses intérêts mais n'a pas manqué de se rendre à la cérémonie de ce soir où elle n'a pas dissimulé sa joie lorsque les réalisateurs ont été primés pour le documentaire la mettant en scène. Elle a même, un peu plus tard, posé avec le trophée.

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