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David Moreau entouré de Pierre Niney et Virginie Efira sur le tournage de "20 ans d'écart".

"Une femme qui sort avec un petit jeune se fait toujours juger: c'est consternant!"

Avant la comédie romantique "20 ans d'écart", le réalisateur français David Moreau a signé un thriller et un film d'épouvante. Le réalisateur a bien fait de changer de style: son film mettant en scène Virginie Efira et Pierre Niney est une réussite. Rencontre.

Vous en connaissez des couples comme ça?
Ca m'est arrivé d'avoir des aventures avec des femmes plus âgées que moi. Peut-être pas autant que dans le scénario. Mais des vrais couples, je n'en connais pas. Je me suis renseigné sur des forums, j'ai rencontré des copines de copines... C'est assez rare de voir des couples avec une vraie différence d'âge durer. C'est assez fragile comme relation. C'est effrayant pour les deux.

Et il y a le jugement des autres aussi...
Oui, c'est consternant. On est en 2013 quand même. Dès qu'on sort des codes, on vous regarde de travers.

Dans le film, l'ex-mari d'Alice sort avec une petite jeune et personne n'y trouve rien à redire mais quand Alice sort avec Balthazar, elle doit affronter le regard des autres. C'est donc permis pour les hommes mais pas pour les femmes?
Oui, c'est consternant. Quand c'est un mec, ça rigole un peu alors qu'une femme va se faire juger de manière beaucoup plus violente. On va tout de suite essayer de trouver un sous-texte sexuel à la chose. C'est d'une injustice absolue. Ca changera peut-être mais c'est flippant de voir qu'en 2013, ça soit encore le cas.

La femme a même droit à des petits surnoms comme "MILF" ou "cougar" alors que l'homme pas...
L'homme, c'est un tombeur. D'ailleurs, il y a une scène où Alice parle des mots clés utilisés sur les sites pornos. Les femmes sont très cataloguées. Il y a des catégories pour chaque type de femmes parce que c'est un peu le supermarché du fantasme de l'homme.

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Pourquoi avoir choisi Virginie Efira pour incarner Alice?
Parce que je cherchais une actrice populaire et il n'y en a pas beaucoup en France. Qu'avec les actrices plus âgées, on n'avait pas la même vision du film, je ne trouvais pas. On m'a proposé Virginie, je la trouvais un peu jeune pour le rôle mais on a pris un verre. J'étais surpris qu'une femme un peu plus jeune que le personnage ait la distance et l'humour nécessaires pour accepter de jouer quelqu'un de plus âgé. Elle a été très intelligente: elle joue un vrai rôle de femme alors qu'avant, elle jouait plutôt des rôles de jeune femme, avant d'être mère.

Et comment avez-vous construit le personnage de Balthazar?
Il devait être intelligent et être un fonceur. Il fait tout sans filtre. Il fallait qu'il soit séduisant mais pas trop beau garçon. Il fallait qu'il soit émouvant. Il fallait qu'il soit très riche de plein de choses pour qu'on puisse croire à leur histoire d'amour.

On sent que le jeune homme évolue au fur et à mesure de sa relation avec Alice. Il grandit...
Oui. Il fait tout avec son coeur et il comprend que peut-être il faut se protéger. Avec le temps, on se protège de plus en plus et on s'empêche de vivre des trucs qui nous feraient peut-être du bien. Elle réfléchit trop, elle. Mais avec l'âge, les femmes sont plus méfiantes. A 20 ans, elles y vont à fond, elles se prennent des bons gros râteaux avec des bons gros débiles et du coup, à 35, 40 ans, elles se retrouvent sur le marché de la rencontre en ayant peur.

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