Le cinéma Le Brady fermé à Paris (archive d’illustration)
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Le cinéma Le Brady fermé à Paris (archive d’illustration) © AFP

Une période “stérile” et “néfaste” pour les artistes: “Ce temps imposé est un temps empoisonné”

Pour le cinéaste, écrivain et metteur en scène français Christophe Honoré, cette période d’enfermement ne stimule en rien l’élan artistique. Au contraire. “Pour moi, ce n’est pas du tout un moment d’écriture ou de poussée créatrice”, a-t-il confié au journal Le Monde, non sans briser quelques idées reçues sur l’image romantique d’une communauté durement frappée par la crise du coronavirus.

Confiné chez lui, à Paris, Christophe Honoré s'interroge sur cette période “étrange”. Tous les événements culturels sont à l’arrêt et un épais brouillard d’incertitude plane sur le futur proche d’un secteur complètement oublié par les autorités. Le réalisateur de “Chambre 212", avec Chiara Mastroianni, prix d'interprétation à Cannes l’an passé, se sent “enfermé, empêché”, soit “l'inverse d’une retraite, où l’isolement est choisi”, commente-t-il. 

“Il serait dangereux de romantiser ce moment”

“Je n’arrive pas à faire quelque chose de ce temps imposé, qui est un temps empoisonné (...) Je n’ai pas envie de créer à partir de cet événement. C’est juste une sale période, à laquelle je n’ai pas envie d’associer l’art. Je trouve qu’il serait dangereux de romantiser ce moment (...) Je crois que ce temps ne soit que stérile et néfaste”, ajoute-t-il dans un large entretien accordé au Monde, ce lundi 4 mai

“Je refuse de donner un sens à ce qui se passe”

Christophe Honoré refuse de “donner un sens à ce qui se passe”: “Une maladie n’a pas de sens, ne peut pas en avoir”, répond-il à ceux qui pointent du doigt la mondialisation et l’ultraconsommation. Il rejette l’idée d’un “châtiment”: “L’oppression capitaliste est une réalité. Mais ce n’est pas pour autant que l’on mérite ce qui nous arrive”. 

À quand une reprise des tournages de cinéma?

Le cinéaste ignore quand il pourra recommencer à travailler dans des circonstances décentes mais craint déjà un effet de “formatage” sur la création cinématographique et une sortie de crise sous le signe du “feel-good” imposé pour pallier les difficultés économiques d’un secteur fragilisé. 

Il cite Proust, avec fatalisme et optimisme: “Pour retrouver quelque chose, il faut admettre l’avoir perdu. Le temps que nous vivons est perdu. L’admettre, c’est laisser la possibilité qu'il y ait un temps retrouvé.”

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