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Violée par un acteur qu'elle admirait: "Ma vie est brisée"

"Tu es ma pute, toutes les femmes sont des putes."

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Une enquête préliminaire pour viol visant l'acteur et metteur en scène Philippe Caubère, a été ouverte lundi par le parquet de Paris. Dans une interview exclusive avec le Huffington Post, la victime Solveig Halloin témoigne et explique pourquoi elle a attendu huit ans avant de porter plainte en mars dernier. "J'ai attendu huit ans qu'une femme, victime de Philippe Caubère, ait le courage de parler, me promettant que si l'une d'elles déposait plainte, je le ferai à mon tour. En vain. Le temps de ma 'reconstruction' étant passé, je dépose plainte contre Philippe Caubère du chef de viol", déclare la dramaturge et militante. 

Un père artistique
Elle a rencontré le comédien de 67 ans en 2010, après avoir assisté à une pièce de théâtre. À l'époque, elle l'admirait beaucoup. "Il était comme un père artistique pour moi. J'avais trente-cinq ans, lui la soixantaine. J'ai toujours admiré ses pièces, ses mises en scène, si proches de ce à quoi j'aspirais dans le théâtre." Très vite, Philippe l'invite à boire un verre et lui demande son numéro. "À partir de là, le cauchemar a commencé", confie Solveig.

L'acteur la harcèle par SMS et lui pose des questions sur sa vie privée. "Tu as un petit ami? Il te baise bien?" Ils se rencontrent une deuxième fois dans un restaurant à Paris. "J'ai commencé à lui parler de choses artistiques mais il s'ennuyait pronfondément", se souvient Solveig. "On est allés chez lui, il m'a dit qu'il était marié mais qu'il avait beaucoup de petites amies et qu'il fréquentait des prostituées. J'étais face à un personnage, je me sentais assez nulle."

Il m'a écarté les cuisses violemment
Ce soir-là, Philippe Caubère lui demande de se déshabiller et elle obéit. "Il m'a écarté les cuisses, tellement violemment que je me suis fait une déchirure. J'ai eu mal", explique la féministe toulousaine. "Je vivais la chose sans la désirer c'est sûr, un peu dans un état de fascination comme un animal qui aurait un spot dans le visage (...) J'avais un sourire figé quand je suis partie dans la rue. J'ai compris après que j'étais complètement dissociée."

Mais alors qu'elle souhaite mettre fin à cette relation, l'acteur continue à la contacter. "Je vais bien te secouer, sale chienne, tu vas aimer ça (...) Tu es ma pute, toutes les femmes sont des putes", lui dit-il dans des textos. Seule et sans l'aide de personne, Solveig se sent "aliénée": une partie d'elle sait qu'il y a un problème, mais d'un autre côté, elle est complètement "sous l'emprise" du comédien, qui l'invite à le rejoindre dans sa chambre d'hôtel, à Béziers.

Il me frappait, il m'étranglait
"Il m'a dit: Déshabille-toi. Je me rappelle que je ne l'ai pas fait. J'étais assise au bord du lit", indique Solveig. "Il m'a déshabillée. Monsieur bandait. Et il me frappait, il m'étranglait, il me frappait, il me pénétrait très très violemment. J'ai disjoncté, je me voyais par le haut." Après ce viol, elle trouve le courage de rompre.

"Il m'a appelée pour me dire qu'il avait beaucoup d'argent , qu'il avait les moyens de me faire tuer. J'étais dans un état de peur... Je ne pouvais plus du tout fonctionner, ça a duré des années... J'ai dû cesser de travailler, et j'ai perdu la garde de l'un de mes enfants, qui demeure aujourd'hui avec son père. Ma vie est brisée et je ne vis plus, depuis, que dans le combat contre les violences", ajoute Solveig Halloin. Elle a encouragé les "centaines de victimes" de Philippe Caubère à prendre la parole.

Je tombe des nues
Récompensé à trois reprises aux Molières, Philippe Caubère a réagi sur le site de France Info. "Je tombe des nues." Il a reconnu avoir eu une relation sexuelle avec Solveig, mais consentie. "J'ai toujours eu une vie sexuelle et sentimentale très libre, je le joue dans mes spectacles, je n'en fais pas mystère, comme je n'ai jamais caché que j'ai été longtemps client de prostituées. Mais le viol c'est une autre affaire. Frapper sur une femme, c'est comme frapper un enfant." Au cinéma, il a notamment interprété le rôle de Joseph Pagnol dans les films "La Gloire de mon père" et "Le Château de ma mère".

  1. Comment voulez-vous la regarder dans les yeux?

    Comment vou­lez-vous la regarder dans les yeux?

    En 1994, Eva Herzigova faisait la publicité de Wonderbra en demandant aux passants de la regarder dans les yeux malgré son décolleté affolant. Un effort surhumain à l’époque et pas plus facile aujourd’hui. L’histoire ne dit d'ailleurs pas si elle faisait la même requête aux gens hier, à Cannes. Parce qu’il était, une fois encore, compliqué de regarder ailleurs... La top de 46 ans s’est rendue à un repas organisé par Dior et Vogue vêtue d’un dessus transparent sous lequel elle ne portait pas de soutien-gorge. Sexy!