Vous n’écouterez plus jamais “Last Christmas” de Wham! de la même façon

Critique CinémaDepuis qu’elle a failli mourir après un problème de santé, Kate n’attend plus grand-chose de la vie. Elle est une mauvaise amie, une mauvaise sœur et une mauvaise fille qui évite, autant qu’elle peut, de rappeler sa mère. Elle cultive son cynisme en enchaînant les mauvaises décisions et les relations sans lendemain. Elle n’a clairement pas le profil de son job, elle qui travaille dans un magasin de Noël ouvert 365 jours par an. Derrière le comptoir, on lui demande de sourire, de répandre la joie et d’assumer son costume vert, mignon bien qu’un peu ridicule. Quand elle rencontre Tom, qui n’est pourtant absolument pas son genre, Kate va baisser les armes, petit à petit, et accepter ses fragilités.

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“Last Christmas” a pour vocation, comme son nom l’indique, d’être le film de Noël de l’année. Le scénario est signé Emma Thompson, qui en connaît un rayon sur la question puisqu’elle était l’un des rôles principaux du aussi formidable qu’indémodable “Love Actually”, et Paul Feig (“Bridesmaids”, “A simple favor”) est à la réalisation. On en attendait donc beaucoup malgré une bande-annonce peu engageante. On vous rassure: sans égaler “Love Actually”, le film est meilleur que la compilation d’extraits qui est censée nous donner envie de le voir.

“Last Christmas” tire son titre de la chanson de Noël de Wham du même nom. Elle prend ici un sens nouveau et on l’écoutera désormais en y prêtant particulièrement attention. Le chanteur Georges Michael avait rencontré Emma Thompson et avait accepté d’accompagner le projet. Il est mort sans avoir pu voir le résultat final. Mais on peut quand même entendre dans la bande-annonce une chanson exclusive.

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“Last Christmas” souffre de quelques flottements. Certaines parties de l’histoire auraient mérité un traitement un peu plus en profondeur. Emma Thompson est caricaturale à souhait, par exemple, et c’est dommage. Le personnage de Tom est un peu creux.

Le film, dans son ensemble, est agréable à regarder et vaut, de toute façon, le déplacement pour le plaisir de voir Emilia Clarke dans un rôle plus lumineux et sensible que celui qui l’a révélé. La mère des dragons de “Game of Thrones” dévoile des talents qu’on ne lui connaissait pas: elle chante vraiment très bien et elle a un pouvoir comique assez naturel. 

Elle est adorable en toutes circonstances, a une répartie du tonnerre et active aussi bien les zygomatiques que le canal lacrymal du spectateur. On a souri, souvent, et on a eu la gorge serrée, parfois. “Last Christmas” ne fera pas partie des films de Noël qui traverseront les époques mais il permettra à ceux qui iront le voir au cinéma de se délecter avec un peu d’avance de l’ambiance féérique de Noël. Noël en novembre, on prend!

  1. Comment ces dix dernières années ont révolutionné le cinéma

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    Avant, lorsque l’on voulait voir un film, il suffisait d’aller au cinéma. On y voyait pendant une heure et demi des acteurs jouer leur texte, selon une mise en scène méticuleusement construite. Désormais, il est possible que le décor soit entièrement composé à l’ordinateur, peut-être même aussi les acteurs. Et surtout, le dernier film hollywoodien à gros budget est disponible sur la télé de notre salon.