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Démare ouvre enfin son compteur dans le Giro

Il était temps ! Arnaud Démare a ouvert son compteur dans le Giro, mardi à Modène, où le Français a enlevé son premier succès de l'année dans le sprint qui a conclu la 10e étape, à l'avant-veille de l'entrée dans les Alpes.

"On savait qu'on était bon mais on manquait de réussite jusqu'à présent", a souligné le Picard de l'équipe Groupama-FDJ, qui avait cumulé les places d'honneur dans les sprints depuis le départ du Giro. “J'aurais aimé, l'équipe aurait aimé, qu'on gagne avant la journée de repos (lundi)", a ajouté Démare en reconnaissant: "Maintenant, on est soulagé.”

Cette fois, Démare a imposé sa puissance sur la longue ligne droite d'arrivée de plus de deux kilomètres. Il a devancé le champion d'Italie Elia Viviani, une nouvelle fois deuxième, et l'Allemand Rudi Selig, qui a suppléé son sprinter, le champion allemand Pascal Ackermann.

Victime d'une chute sous la flamme rouge du dernier kilomètre, le cuissard déchiré laissant voir des plaies au côté droit, Ackermann a perdu gros. Non seulement l'éventualité d'un troisième succès d'étape mais aussi la quasi-totalité de son avance sur Démare, revenu à 1 point du porteur du maillot cyclamen.

"C'est malheureux pour lui", a commenté Démare qui a raconté une anecdote survenue au sprint intermédiaire: "Il a eu l'arrogance de me dire ‘pourquoi on ne reste pas dans le peloton ? Tu ne vas gagner que deux points puisque je serai derrière toi’. Mais, c'est long, un grand tour. Un maillot à points se joue dans chaque sprint. Cela va lui apprendre qu'il faut rester humble.”

Vainqueur de deux étapes du Tour de France mais encore à la recherche d'un succès au Giro auquel il participe pour la troisième fois, le Picard (27 ans) a expliqué avoir cherché à rester devant, pour éviter la chute. Quitte à dépenser plus d'énergie que ses rivaux enclins à s'économiser.

“On a eu le timing parfait: j’avais la puissance et l’ouverture”

“J’ai l'habitude de rester dans les 10-15 premières positions pour éviter les vagues, les mouvements qui me déplaisent", a souligné le Français, qui répugne à jouer les kamikazes et préfère les sprints rectilignes, en puissance, derrière son "lanceur" italien Jacopo Guarnieri.

"On a eu le timing parfait: j'avais la puissance et l'ouverture”, a souri Démare qui a assuré avoir toujours gardé confiance malgré l'absence de victoires en 2019. "J'ai l'habitude d'être patient, j'ai su garder le cap et rester calme".

Fidèle à ses habitudes, le Français a remercié son "groupe qui n'a pas perdu confiance". Son équipe, organisée autour de lui dans le Giro, avait préparé l'étape de longue date. Elle était venue reconnaître le final avant le départ de Bologne, la semaine passée, pour mettre toutes les chances de son côté. Au classement général, l'Italien Valerio Conti (UAE Emirates) a gardé sa position après cette étape de 145 kilomètres survenant au lendemain du jour de repos.

Mercredi, les sprinters disposent de leur seconde chance de la semaine dans la 11e étape longue de 221 km entre Carpi et Novi Ligure. Le parcours, sans aucune aspérité dans la plaine du Pô, se conclut par une ligne droite de 3000 m dans la petite ville (Novi Ligure) qui abrite le musée dédié aux "campionissimi" Costante Girardengo et Fausto Coppi, les deux enfants du pays.