Lauréat de neuf Tours de France en tant que manager (sept ont ensuite été retirés à Lance Armstrong) est tombé de très haut après les révélations qui ont fait tomber Lance Armstrong et le système de dopage mis en place par les deux hommes.
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Lauréat de neuf Tours de France en tant que manager (sept ont ensuite été retirés à Lance Armstrong) est tombé de très haut après les révélations qui ont fait tomber Lance Armstrong et le système de dopage mis en place par les deux hommes. © ANP

“J’étais au fond du trou”: la “vertigineuse” descente aux enfers de Johan Bruyneel

Devenu persona non grata dans le milieu du cyclisme depuis l’éclatement de l’affaire Armstrong fin 2012, Johan Bruyneel est passé par tous les sentiments au cours des sept dernières années. 

S’il a connu le succès sur le vélo (victoires d’étape et maillot jaune sur le Tour, podium final sur la Vuelta notamment) et la gloire en tant que directeur sportif (sept Tours de France remportés avec Armstrong, deux autres avec Contador), Johan Bruyneel est surtout réputé pour avoir mis en place ce que les suiveurs définissent comme ‘la plus grande fraude de l’histoire du sport’.

Le rapport de l’USADA (Agence Américaine Antidopage) qui a fait tomber Lance Armstrong et provoqué le déclassement et la suspension de l’Américain, n’a pas non plus épargné le Belge.  Suspendu à vie de toute activité liée au sport professionnel, l’ancien coureur et manager a vécu, après la gloire, des moments particulièrement douloureux. Il raconte sa descente aux enfers dans un entretien accordé, à cœur ouvert, à Cycling Opinions.

“J’ai cru que je n’en sortirais jamais”

“Je suis l’exemple du type qui était au sommet et qui est soudainement tombé au plus bas, à une allure vertigineuse. Je suis tombé de très haut. Et là, on arrive au constat qu’on est seul au monde”, confie Johan Bruyneel qui, s’il ne rentre pas dans les détails, explique qu’il a eu besoin d’aide médicale et psychologique pour sortir de là. “J’étais au fond du trou et j’ai cru que je n’en sortirais jamais. On me disait même que c’était un miracle que je tienne encore debout.”

Le soutien de Lance Armstrong

Seul au monde, Johan Bruyneel a pourtant pu compter sur le soutien indéfectible de son ancien complice. “On a dit qu’il était arrogant, distant. J’ai entendu narcissique aussi. La gloire est parfois difficile à gérer, mais si on me demande si Lance est quelqu’un de bien, moi, qui le connais, je dis oui. On a partagé beaucoup de choses, on était présent l’un pour l’autre. Et quand j’étais vraiment dans le pétrin, et c’est arrivé souvent, il était là pour moi.”

Ils ont gagné sept Tours de France ensemble, ils sont tombés ensemble et ils ont continué à se soutenir.
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Ils ont gagné sept Tours de France ensemble, ils sont tombés ensemble et ils ont continué à se soutenir. © EPA
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Le dopage était inévitable, il l’est peut-être encore.

Mais malgré ces années noires, Johan Bruyneel ne laisse pas transparaître de réels regrets. “Si je regrette le dopage? C’est une question très difficile”, rétorque l’ancien maillot jaune de la Grande Boucle. “Mon plus grand regret vient de notre arrogance et de la manière dont nous en avons fait usage. Je pense que le dopage était inévitable... et qu’il l’est peut-être encore. Je regrette qu’on ait vécu à une période où on disait ‘c’est comme ça et si on veut survivre, il faut le faire’.”  Et sa conclusion est d’ailleurs sans appel : “Il y a bien sûr des choses j’aurais aimé ne pas avoir faites ou ne pas avoir vécues, mais au final, quand je repense à qui je suis et où j’en suis, je suis fier de moi.” 

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