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Johan Bruyneel évoque le dopage chez US Postal: “Les coureurs ont toujours été demandeurs”

Dans une interview accordée à nos confrères néerlandais du Telegraaf, Johan Bruyneel, ancien directeur sportif de la formation US Postal, revient sur “l'époque EPO” et estime qu’il était “impossible de faire autrement pour continuer à rouler au plus haut niveau.” Il admet tout de même que lui et son équipe ont “causé des dommages au cyclisme” et assure “qu'aucun coureur n’a pris de risque pour sa santé.”

22 octobre 2012, le maître  est déchu. Lance Armstrong se voit retirer ses sept victoires au Tour de France, accusé d'avoir eu recours au dopage. “Lance Armstrong n’a aucune place dans le cyclisme”, commente l’Union cycliste internationale (UCI). L’Américain ne tombe pas seul. L'affaire Armstrong éclabousse aussi le Belge Johan Bruyneel, ancien mentor du septuple maillot jaune. 

Sept ans plus tard, l’ancien directeur sportif d’US Postal évoque sans tabou le recours aux produits dopants, mais refuse de parler de système organisé au sein de l’équipe. “À cette époque, si les coureurs ne bénéficiaient pas de conseils médicaux de l’équipe, ils cherchaient de l’EPO par leurs propres moyens. Des charlatans comme le Docteur Fuentes sont apparus. Les coureurs s’injectaient aussi eux-mêmes de l’EPO”, assure Johan Bruyneel précisant que la substance était “indétectable” et permettait de “rouler 5 km/h plus vite”. 

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“Nous n'avons jamais pointé une arme sur quelqu’un”

“Aucun coureur n'a pris de risque pour sa santé”, je suis fier de cela”, se félicite-t-il avant de balayer tout soupçon de pression. “La main sur le cœur, je peux dire que je n’ai jamais obligé ou poussé quelqu’un à faire ou à prendre quoi que ce soit. Les coureurs ont toujours été demandeurs. Nous n’avons jamais pointé une arme sur personne.”

“Il est vrai que nous avons causé des dommages au cyclisme, je l’avoue. Mais nous faisons partie d’une génération. Une génération qui n’a pas décidé de rouler  à  l’époque de l’EPO (...)  Si tu voulais continuer à rouler au plus haut niveau, tu n’avais pas d’autre choix que de participer.”