Jan Ullrich et Rudy Pevenage.
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Jan Ullrich et Rudy Pevenage. © EPA

Les révélations chocs d’un ancien directeur sportif belge sur le dopage dans le cyclisme

Dans le passé, l’ancien directeur sportif Rudy Pevenage n’a jamais voulu s’étendre sur le sujet du dopage de son ancien poulain Jan Ullrich. Mais dans le livre “Der Rudy”, le Belge se confie comme jamais. “Je n’ai plus peur des réactions ou des remarques. Je raconte beaucoup, beaucoup de choses dans cette biographie”, a-t-il déclaré.

Entre 1995 et 2006, Rudy Pevenage a été le directeur sportif de Jan Ullrich, mais aussi un ami loyal et un mentor. Lorsque le cycliste allemand, client du célèbre médecin Eufemiano Fuentes, a été reconnu coupable de dopage, l’ancien coureur belge a continué à protéger son poulain. “À l’époque, il était très difficile de gagner quelque chose sans dopage”, a-t-il déclaré.

Après des années de silence, il sort donc sa biographie “Der Rudy” où il évoque le dopage. Et ce ne sont pas les détails qui manquent. Des canettes de coca à double paroi, des poches de sang dans des cartons de lait vides et des intermédiaires qui approvisionnaient ses cyclistes en sang neuf, Rudy Pevenage se livre sans filtre.

Ullrich a échappé de justesse à un scandale au Giro en 2001, lorsque la police italienne a fouillé toutes les chambres d’hôtel. Une seringue à insuline avait été trouvée chez Marco Pantani, mais Rudy Pevenage avait pu dissimuler rapidement les substances interdites.

Des cachettes insolites

“Dans la panique, j’ai oublié une canette spéciale que j’avais mise au frigo”, peut-on lire dans “Der Rudy”. “La canette était à double paroi et on pouvait la dévisser par le haut pour y mettre de la drogue et la stocker. Très pratique. La double paroi permettait de garder le contenu au frais et, de l’extérieur, il était impossible de la distinguer d’une véritable canette de coca”.

L’ancien directeur sportif décrit également comment le dopage a été organisé au Tour de France en 2004. “Avant le départ à Liège, j’ai réservé une chambre dans un hôtel à Kelmis. J’avais demandé un réfrigérateur supplémentaire et il a été placé dans ma chambre. Immédiatement ce jour-là, j’ai reçu la visite de l’ancien vététiste Alberto León, que nous avons appelé “Ali Baba”. Il est venu avec le TGV de Bordeaux jusqu’à Liège. L’hôtel était magnifique et assez éloigné du ‘Grand Départ’”.

De nombreuses révélations

“Le lendemain soir, les docteurs José Luis Merino et Eufemiano Fuentes nous ont rejoints. Une liste a été établie avec les coureurs qu’Ali Baba a dû visiter en tant que transporteur. Il l’a fait sur mon VTT et les paquets étaient dans son sac à dos. Ali Baba était un touriste à l’allure parfaite. Les poches de sang ont été soigneusement emballées dans des cartons de lait vides et scellées avec un code”, a-t-il expliqué.

Rudy Pevenage savait également en détail comment la plupart des autres équipes et coureurs se préparaient pour le Tour de France 2006. D’autant plus qu’il connaissait tous les numéros de code de plus de 200 poches de sang et savait également quels coureurs étaient clients de Fuentes. Il a vu les poches de sang de célèbres coureurs, mais aussi de footballeurs qui ont joué à Madrid, d’athlètes et d’un grand joueur de tennis espagnol. “Je n’ai plus peur des réactions ou des remarques, je raconte beaucoup, beaucoup de choses dans cette biographie”. Le livre “Der Rudy” sera présenté ce mercredi.