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Shia LaBeouf endosse le rôle de son propre père. © DR

À 3 ans, son père pointait une arme sur son front et ce n’était que le début de l’enfer

7sur7 à TorontoC’était à la base un exercice à réaliser dans le cadre de sa cure de désintoxication. Shia LaBeouf allait mal, en 2017. Il venait d’être arrêté. Il savait qu’il devait trouver un moyen de s’en sortir, de calmer le jeu, de reprendre ses esprits. On lui a demandé de mettre des mots sur les raisons de sa colère. Il devait expliquer ce qui le poussait à boire et à se droguer. Alors il a écrit. Sur son père, Jeffrey, à l’origine de ses plus grandes peines, de son envie de se dépasser et sa carrière. Cet exercice a donné lieu au scénario du film “Honey Boy”, présenté à Toronto ce jeudi.

Face caméra, Shia LaBeouf est méconnaissable. Il endosse le rôle de son père, le rôle probablement le plus difficile de sa carrière tant il est chargé émotionnellement. Jeffrey LaBeouf, vétéran de la guerre du Vietnam, n’a pas été le père aimant que n’importe quel enfant rêverait et mériterait d’avoir. Pour oublier ce qu’il a vu sur le champ de bataille, Jeffrey LaBeouf prenait de l’héroïne et buvait de l’acool. Jeffrey faisait pleuvoir les coups: il battait sa femme et son fils. 

Shia LaBeouf est connu pour ses problèmes avec la justice mais comment filer droit quand à trois ans, votre père vous a pointé un fusil sur le front? Ce jour-là, en plein délire, Jeffrey, qui souffrait de stress post-traumatique, a menacé son fils avec une arme. Un épisode qui a marqué Shia au fer rouge. 

Ce n’était que le début du cauchemar... Parmi les épisodes qu’il n'a jamais pu effacer de sa mémoire, il y a l’agression sexuelle subie par sa mère, quelques années plus tard.  Shia avait 9 ans. Il a vu sa mère se faire agresser et il n'a rien pu faire. “J'étais sur pause. L’homme s’est enfui et ma mère lui a couru après. Il n’a jamais été retrouvé”, racontait l’acteur à ce sujet, l’année passée.

Shia a appris au cours de sa cure de désintoxication qu’il souffrait, comme son père avant lui, d’un stress post-traumatique. Il s’en veut de ne pas avoir su défendre sa mère. “La première fois que j’ai été arrêté, c’était la même chose. Un mec est rentré dans la voiture de ma mère et j’ai pensé: Tu dois la venger. Alors je l’ai poursuivi avec un couteau.”

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Shia LaBeouf s’est exprimé à Sundance sur son film, basé sur son enfance © EPA

À 10 ans, il fumait son premier joint, encouragé par son père

Même s'il était, à l'époque, séparé de sa mère, Shia a continué à voir son père. Il a fumé son premier joint avec lui, à l’âge de 10 ans. 

Jeffrey LaBeouf n’a jamais été une bonne fréquentation pour son fils: il est fiché comme agresseur sexuel pour une tentative de viol sur un mineur d’âge dans les années 80. Au début des années 2000, il a été accusé de harcèlement sexuel par une actrice, qui a souhaité garder son anonymat. 

Non content d’embarrasser son fils dans la sphère privée, Jeffrey lui a posé des soucis dans le cadre de son travail. Il a ainsi frappé un cadre de chez Disney. Quand il a vu cet homme, ouvertement homosexuel, serrer son fils dans ses bras pour le féliciter, le sang de Jeffrey n'a fait qu’un tour. Le cadre agressé n'a pas porté plainte: il ne voulait pas que cela porte préjudice à Shia.

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Shia LaBoeuf fait face à ses démons de la façon la plus pure et la plus intense possible dans “Honey Boy”. “C’est étrange de transformer sa douleur en produit. C’était très égoïste comme démarche à la base. Je ne me suis jamais dit que j’allais aider des gens. Ce n’était pas mon but. J’étais juste au fond du trou”, admet-il. 

Il a envoyé son scénario à la réalisatrice Alma Har’el. Ils se connaissaient, elle cherchait un projet. La production du film a débuté quand Shia est sorti de cure de désintoxication. Ce fut une façon pour lui d’aller jusqu’au bout de sa thérapie. “C’était un film très difficile à faire parce qu’il n’y a nulle part où aller...” 

Ce film a permis à Shia de reprendre contact avec son père, à qui il ne parlait plus depuis six ou sept ans.  “Tout ce que j’ai fait dans ma vie est de près ou de loin lié à ma relation avec mon père”, confie Shia. “Ce mec est mon moteur...”

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