Plein écran
Dejan Veljkovic et Mogi Bayat, les deux agents au centre du footgate © DR.

Nos 7 flops du football belge en 2018-2019

La saison de Pro League a connu son épilogue dimanche et l’heure est désormais aux bilans. Quels ont été les motifs de satisfaction? Quelles ont été en revanche les grandes déceptions? À quoi ressemblerait l’équipe type idéale de l’année? La rédaction de 7sur7 s’est posée ces trois questions. Deuxième volet ce jeudi matin avec les 7 flops du football belge en 2018-2019.

• La saison d’Anderlecht 

Cette saison 2018/2019 restera à jamais marquée comme l’une pires de l’histoire du club, avec une misérable sixième place à l’issue d’une campagne de playoffs désastreuse (6 sur 30). Pour la première depuis… 55 ans, le Sporting ne disputera pas de compétition européenne. Marc Coucke s’était forcément imaginé autrement ses débuts à la tête de la maison anderlechtoise. Des nombreux changements dans l’organigramme (exit Devroe), les départs de Vanhaezebrouck puis Rutten, une campagne de tranferts (Zulj, Kara, Bolasie) plus que mitigée, des résultats sportifs catastrophiques (toutes compétitions confondues): Anderlecht a vécu une saison tourmentée à tous les niveaux. Les dirigeants mauves sont devant un vaste chantier. 

Heureusement, l’annonce du retour de Vincent Kompany, en tant que joueur-entraîneur, a redonné du baume au cœur des fans anderlechtois. Le come-back de l’enfant prodigue fait souffler un vent d’espoir sur le Parc Astrid. Cela dit, la reconstruction demandera du temps et “Vince The Prince” ne va pas résoudre tous les problèmes. En attendant, Anderlecht frappe un très grand coup.

Plein écran
Fred Rutten ne sera resté qu’un peu plus de trois mois à Anderlecht. © BELGA

• Le footgate

L’affaire éclate au grand jour le matin du 10 octobre. Ce jour-là, plusieurs perquisitions sont menées par la police fédérale dans le cadre d’une enquête retentissante sur les dérives du football belge : corruption, falsification de matchs, blanchiment d’argent. Un véritable séisme. Différents acteurs du foot belge se retrouvent mêlés à cette sombre affaire : dirigeants, agents, joueurs, arbitres et même journalistes. Au cœur du scandale, deux agents au rôle nébuleux: Dejan Veljkovic et Mogi Bayat. Ils sont entre autres soupçonnés d’avoir perçu des commissions occultes lors de certains transferts. Par rapport au volet falsification de matchs, deux rencontres sont dans le collimateur de la justice : Eupen – Mouscron, classé sans suite finalement, mais surtout Malines-Waasland-Beveren. On soupçonne le KaVé d’avoir truqué ce match pour éviter la relégation.

Où en est cette affaire à l’heure d’écrire ces lignes? L’enquête disciplinaire liée aux soupçons de trucage de matchs est clôturée. Le parquet de l’UB réclame la rétrogradation de Malines et Waasland. Six audiences ont lieu entre le 18 et le 28 mai. Le jugement définitif est attendu avant le 30 juin. En cas de condamnation, Malines ne serait pas promu en D1A et ne disputerait pas l’Europa League. Beerschot Wilrijk monterait alors en D1A. On ignore encore les conséquences exactes qu’entraînera ce scandale sans précédent, mais en termes d’image pour le football belge, le mal est fait. Et pendant ce temps, Bayat et Veljkovic (repenti) sont de nouveau inscrits officiellement en tant qu’agents au sein de l’Union Belge...

Plein écran
Mogi Bayat reste inculpé dans le cadre de l'enquête sur des pratiques frauduleuses dans le milieu du football. Il est resté 48 jours en détention. © Photo News

• Le Clasico définitivement arrêté

Cette soirée n’a pas vraiment fait la publicité du championnat belge. Anderlecht traverse une crise profonde au moment de se déplacer au Standard. Les fans mauves sont sur les nerfs, et le début de la rencontre va mettre de l’huile sur le feu. Tout Sclessin pense que les Rouches ont ouvert le score. Finalement le but d’Halilovic est refusé. Trop tard, les supporters bruxellois lancent de premiers fumigènes sur la pelouse, obligeant l’arbitre à interrompre le match une première fois.

Les esprits se calment, la partie redémarre. La physionomie n’arrange pas la situation. Le Standard fait mouche, et cette fois, le but est accordé. De nouveaux fumigènes sont lancés sur la pelouse par les supporters visiteurs, l’arbitre renvoie les deux équipes aux vestiaires, la rencontre est encore arrêtée pendant dix minutes.

Dès la reprise, le Standard double la mise, Kara est exclu. La cerise sur le gâteau pour les fans d’Anderlecht. Pendant que le défenseur rejoint le vestiaire, ses supporters récidivent malgré les appels au calme des joueurs mauves. L’arbitre avait prévenu qu’il arrêterait le match en cas de récidive et il met sa menace à exécution. Le Standard remportera donc le match par tapis vert, sur un score de 5-0.

Plein écran
© BELGA

• Le transfert de Rezaei à Bruges

Transfert le plus onéreux de l’histoire entre deux clubs belges (5 millions d’euros), Kaveh Rezaei a connu une saison noire à Bruges, diminué par plusieurs blessures il est vrai. L’avant-centre iranien a dû se contenter d’un temps de jeu famélique, relégué au rang de… cinquième attaquant, derrière Wesley, Schrijvers, Openda et Vossen. Au total, l’ex-Carolo aura fait 13 apparitions sous le maillot brugeois… pour un seul but marqué, sur penalty en plus. Un prêt n’est pas à exclure cet été.

Plein écran
Kaveh Rezaei © Twitter Club Brugge KV

• Bruges pas condamné pour ses chants racistes et antisémites

Le 4 avril dernier, alors que Bruges s’imposait sur le terrain d’Anderlecht (2-3), des chants antisémites et racistes descendaient des tribunes du côté des Blauw en Zwart. Le rapport du délégué du match était accablant et précisait que des supporters de Bruges avaient scandé: “Celui qui ne saute pas est juif” et “Tous les Juifs sont gays”. Le parquet fédéral avait requis une lourde amende contre le club de Bruges. “Nous devons veiller à ne pas nuire à notre image internationale en tant que nation de football. Ce qui constitue un comportement acceptable évolue avec le temps. Actuellement, ces chants sont blessants”, avait déclaré le procureur fédéral Kris Wagner. Mais quelques semaines plus tard, le 3 mai dernier, la commission des litiges d’appel de l’Union belge de football (URBSFA) a acquitté le club.

Même si la Pro League a renforcé les règles fédérales contre le racisme et les chants, la commission des litiges d’appel a suivi les arguments du Club Bruges. “Les chants doivent être considérés comme neutres et sans caractère offensant. On utilise des termes qui indiquent simplement l’orientation sexuelle ou un groupe de population. Le mot ‘juif’ « n’a pas de connotation dévalorisante ou discriminatoire, de même pour le mot ‘homo’”, avait détaillé le verdict. Une décision qui n’aide pas la lutte contre les discriminations.

Plein écran
© photo_news

• La Coupe boycottée par les “grands”

La tendance n’est pas neuve, mais a atteint son paroxysme cette saison. La Croky Cup n’intéresse personne ou presque, surtout pas les ténors de notre D1 A. Le Standard a été sorti d’entrée à domicile par Knokke, bon dernier en D1 Amateur et relégué au terme à l’issue du championnat, Bruges a coulé à Deinze (D1 amateur) et Anderlecht a été humilié à la maison par les séduisants voisins de l’Union.

L’enthousiasme des fans pour la compétition est loin d’être démesuré et les stades sont souvent désertés, surtout lors des premiers tours. La fédération devrait peut-être penser à réformer la Coupe et tenter de la rendre “plus sexy”. Pourquoi, par exemple, ne pas permettre aux clubs des divisions inférieures de toujours recevoir les cercles de l’élite? 8.000 personnes au Parc Duden de l’Union ou au Parc Astrid d’Anderlecht, ce n’est pas la même chose.  Les confrontations en aller-retour en demi-finales pourraient aussi être supprimées pour renforcer le suspense et alléger (un peu) le calendrier déjà surchargé.

Mais, il faut être honnête, cela n’empêchera sans doute pas les coachs de D1 d’aligner une équipe remaniée voire carrément bis. L’intérêt sportif restera toujours faible pour les “grands” qui arrivent presque à chaque fois à décrocher un ticket européen via le championnat.

Plein écran
© belga

• Le feuilleton Pozuelo

À l’hiver, tout allait bien dans le meilleur des mondes pour Genk. Largement première, l’équipe limbourgeoise marchait sur le championnat, emmenée notamment par son capitaine et métronome Alejandro Pozuelo. Auteur d’une grande première partie de saison, l’Espagnol est convoité. Il repousse d’abord une première offre d’un club du Moyen-Orient.

Genk pense alors que son meneur de jeu va finir la saison en Belgique, mais c’était sans compter sur l’intérêt de Toronto. Le joueur de 27 ans change d’avis et décide de partir au bras de fer avec son club pour rallier le Canada. Genk est plutôt réticent à l’idée de se séparer d’un joueur majeur en pleine lutte pour le titre. Le feuilleton dure plus d’un mois avant que Genk ne cède. Finalement, Pozuelo est transféré pour près de 10 millions d’euros. Il touchera un salaire XXL outre-Atlantique.

Genk aura perdu quelques plumes pendant l’affaire Pozuelo. Le club a traversé sa plus mauvaise période de la saison et le climat s’est tendu avec les supporters, qui ont copieusement sifflé l’Espagnol lors de ses dernières apparitions.

Plein écran
Alejandro Pozuelo © BELGA
  1. Les supporters d'AZ Alkmaar et de l'Antwerp seront les bienvenus à Bruxelles

    Les supporters d'AZ Alkmaar et de l'Antwerp seront les bienvenus à Bruxelles

    Si le bourgmestre d'Enschede, aux Pays-Bas, Onno van Veldhuizen, a annoncé, mardi, que le duel entre l'AZ Alkmaar et l'Antwerp, dans le cadre des barrages de l'Europa League, se jouera jeudi sans supporters anversois, le bourgmestre de la Ville de Bruxelles Philippe Close et Benoit Hellings, Premier échevin en charge du Sport, ont assuré, mercredi, que les supporters néerlandais seront tous les bienvenus au stade Roi Baudouin le 29 août pour le match retour.
  2. Nasri dézingué par un ex-coéquipier: “J'espère qu'il sera différent avec les jeunes d'Anderlecht”

    Nasri dézingué par un ex-coéquipier: “J'espère qu'il sera différent avec les jeunes d'Ander­lecht”

    À 32 ans, Samir Nasri s’est lancé dans un nouveau défi. Heureux de découvrir un nouveau championnat et de retrouver son ami Vincent Kompany, le joueur expérimenté n’a pas eu encore l’occasion de briller avec les Mauves. Ce mercredi, le Français s’est fait descendre par un ex-coéquipier à Arsenal. “Il n’a pas pris ses responsabilités pour aider les jeunes joueurs. J’espère vraiment que cela sera différent à Anderlecht”, a déclaré Emmanuel Frimpong sur le média The Athletic.