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La foule au sermon de l'ayatollah Khamenei, devant des posters de Soleimani, éliminé par les États-Unis © VIA REUTERS

“Le drame amer du crash ne doit pas faire oublier le sacrifice de Soleimani”

Le guide suprême iranien, l'ayatollah Ali Khamenei, a déclaré vendredi que le drame "amer" de l'avion ukrainien abattu le 8 janvier à Téhéran ne devait pas faire oublier le "sacrifice" du général Qassem Soleimani, éliminé par les États-Unis à Bagdad 5 jours plus tôt.

Cette catastrophe aérienne est un "accident amer" qui "a brûlé notre cœur", a déclaré l'ayatollah Ali Khamenei dans un sermon prononcé à Téhéran lors de la grande prière hebdomadaire musulmane. "Mais certains ont essayé de (l'utiliser) de façon à (faire) oublier le grand martyre et sacrifice" de Soleimani, a-t-il dit. 

Les forces armées iraniennes ont reconnu avoir abattu par erreur le 8 janvier un Boeing 737 d'Ukraine International Airlines peu après son décollage de Téhéran. Les 176 personnes à bord de l'appareil, en majorité des Iraniens et des Canadiens, ont péri dans la catastrophe.

Le drame et le temps (trois jours) mis par les forces armées iraniennes pour reconnaître leur responsabilité ont provoqué depuis samedi des manifestations éparses de colère contre les autorités à Téhéran et dans d'autres villes.

Louant l'action de Soleimani en dehors des frontières du pays pour la "sécurité" de la nation iranienne, l'ayatollah Khamenei a affirmé que le peuple était en faveur de la "fermeté" et de la "résistance" face aux ennemis du pays.

Le 3 janvier, les États-Unis, ennemi juré de l'Iran, ont tué dans une attaque de drone à Bagdad le général Soleimani, un dirigeant des Gardiens de la Révolution, armée idéologique de l'Iran, et architecte de la stratégie d'influence régionale du pays.

"Ces quelques centaines de personnes qui ont insulté le portrait du général Soleimani, est-ce là le peuple d'Iran ? Ou ces foules de millions de personnes dans les rues ?", a-t-il demandé. Le numéro un iranien semblait là faire allusion à des manifestants qui auraient déchiré un portrait du général Soleimani à Téhéran et aux foules immenses qui se sont déplacées autour de la dépouille de Soleimani après son retour au pays.

M. Khamenei a également accusé les États-Unis de "mentir" lorsqu'ils disent soutenir le peuple iranien, affirmant qu'ils ne cherchent au fond qu'à "poignarder (les gens) avec (leur) dague empoisonnée".

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L'ayatollah Ali Khamenei © AP