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Bart De Wever et Elio Di Rupo en 2014. © Photo News

Un petit pas pour la Flandre, un grand bond en arrière pour la Belgique

Le choix de l’informateur flamand Bart De Wever de reconduire la suédoise au nord du pays complique encore davantage les discussions au fédéral. Face au blocage annoncé, les Belges peuvent se préparer à retourner aux urnes pour la troisième fois en quelques mois.

Bart De Wever a mis fin lundi au suspense concernant son équipe favorite pour diriger la Flandre ces cinq prochaines années. Comme attendu, le Vlaams Belang est laissé sur le carreau. Et selon Bart De Wever, cela ne risque pas de changer dans les années à venir. L’informateur flamand a donc opté pour la reconduction d’une suédoise avec le CD&V et les libéraux. La solution la plus cohérente, selon le président de la N-VA. Même si ces trois partis ont perdu ensemble quelque 540.000 voix lors des dernières élections, comme s'est empressé de rappeler le Belang, plutôt amer.

L'espoir de la bourguignonne envolé

La fameuse coalition “bourguignonne” (N-VA, sp.a, Open VLD), en place à Anvers et qui avait la faveur des pronostics, ne sera donc pas transposée à la Région flamande. Au grand dam de l’informateur royal Johan Vande Lanotte, lequel risque bien de s'arracher les derniers cheveux qui lui restent sur le crâne pour essayer tant bien que mal de déminer le terrain au fédéral avec son acolyte Didier Reynders. Car, écrivons le tout de suite, le choix opéré par Bart De Wever en Flandre plombe encore davantage les chances d’aboutir à un consensus belgo-belge au fédéral.

Et pour cause, on imagine mal les socialistes flamands, qui avaient proposé leurs services à l’informateur De Wever avant d’être poliment recalés, monter dans le seul attelage fédéral. De l’autre côté de la frontière linguistique, le Parti socialiste a d’ores et déjà fermé la porte à une aventure avec les “anciens partenaires de la coalition suédoise”, a tweeté (dans les deux langues, s’il vous plaît) son président Elio Di Rupo. Qui plus est avec une N-VA plus flamande et militante que jamais, en atteste la note de départ rédigée par son président.

Un retour aux urnes se profile

Quelles solutions reste-t-il pour diriger la maison Belgique, en sachant que la défunte suédoise est désormais minoritaire, qu’écologistes et nationalistes ne peuvent se voir en peinture et que les partis flamands n’oseront pas prendre le risque de monter dans un gouvernement minoritaire dans le groupe linguistique néerlandophone à la Chambre? À vrai dire, à moins que la Belgique, reine du compromis, ne sorte un nouveau lapin de son chapeau, on n’en voit aucune. Un retour aux urnes semble inéluctable, avec le risque de renforcer encore davantage la position des partis extrémistes de droite comme de gauche, qui pourraient bien finir par devenir réellement incontournables au sein du spectre politique belge.

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Jan Jambon file vers la ministre-présidence flamande, laissant ainsi le soin à Bart De Wever de mener les négociations au fédéral. © BELGA