Le PS invite le MR à la table, Ecolo se tâte

Mise à jourLe parti socialiste invite Ecolo et le MR à une “rencontre exploratoire” afin d’examiner les “élargissements possibles” des lignes directrices rédigées avec les Verts pour la Wallonie et la Fédération Wallonie-Bruxelles (FWB). Le PS propose “le cas échéant, d’entamer les négociations en vue d’élaborer une déclaration de politique régionale pour la Wallonie et une déclaration de politique communautaire pour la Fédération Wallonie-Bruxelles”.

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Le PS avait déjà reçu le MR en juin dernier lors des premières consultations (Elio Di Rupo, Charles Michel, Willy Borsus et Paul Magnette, Namur, 7 juin 2019) © BELGA

À cet égard, le PS a décidé de prolonger le dialogue avec DéFI qui a répondu positivement au contenu des lignes directrices pour la Fédération Wallonie-Bruxelles. Comme Ecolo, DéFI, qui ne dispose pas d’élus au parlement de Wallonie, participe, au contraire du MR, aux négociations avec le parti socialiste en vue de la formation d’un gouvernement en Région bruxelloise.

Refus du PTB et du cdH

Le PS était réuni mercredi matin en Bureau de parti pour constater le refus du PTB et du cdH de s’engager sur des lignes directrices, élaborées avec Ecolo, après consultation de la société civile, en vue de la formation de gouvernements en Wallonie et en Fédération Wallonie-Bruxelles. Le parti a ainsi pris acte du “refus exprimé par la direction du PTB à cinq reprises dont le refus du 7 juillet de participer à des négociations en vue de former un gouvernement avec le PS et Ecolo ainsi que le refus du PTB de soutenir un gouvernement PS-Ecolo depuis les bancs du parlement”. Les socialistes ont également enregistré la volonté du cdH de “siéger dans l’opposition après avoir ‘parcouru, par courtoisie, les notes qui [lui] ont été adressées par le PS et Ecolo’”.

Appui de DéFi à la FWB

En ce qui concerne la Fédération Wallonie-Bruxelles, le Boulevard de l’Empereur note que selon DéFI “les mesures de cette note politique (...) pourraient (...) constituer une base de négociation en vue d’une participation à un gouvernement en Fédération Wallonie-Bruxelles”. Ce faisant, le PS observe qu’avec le seul parti Ecolo (et DéFI en Fédération), il ne dispose pas de la majorité requise au parlement. Le MR pourrait lui apporter les sièges manquant à la formation d’un gouvernement wallon et en Fédération. Une invitation lui est donc lancée ainsi qu’aux écologistes, dans un premier temps pour une “rencontre exploratoire”.

Décision prise à l’unanimité

La décision a été prise à l’unanimité à l’issue d’un Bureau de parti qui aura duré deux bonnes heures. Personne ne s’est exprimé en quittant le Boulevard de l’Empereur. “Il y a eu une bonne discussion. Nous regrettons que le PTB n’ait pu nous rejoindre dans notre volonté de constituer une majorité progressiste. Nous regrettons également que le cdH ait fait le choix de l’opposition”, a commenté un membre du Bureau joint par téléphone. 

Alliance contre-nature

“Laurette Onkelinx avait qualifié il y a quelques années l’alliance avec le MR de contre-nature. Cela vaut toujours aujourd’hui mais nous ne pouvons pas contourner l’arithmétique. Nous constatons par ailleurs que le MR n’est pas totalement fermé à une discussion sur la base de la note PS-Ecolo, notamment sur le redressement économique de la Wallonie”, a-t-il ajouté, résumant un point de vue largement exprimé lors de la réunion.

Ecolo se penche sur son avenir

Ecolo se penchera sur son avenir immédiat mercredi soir, au cours d’un conseil de fédération qui doit débuter à 19h à Namur, au siège du parti, et qui pourrait durer plusieurs heures. Une question centrale y sera posée: les Verts doivent-ils participer à des gouvernements wallon et de la Fédération Wallonie-Bruxelles (FWB) alliant les socialistes et les libéraux - avec l’appui de Défi en FWB - ou vaut-il mieux qu’ils se retirent, faute d’être numériquement indispensables à la constitution d’une majorité?

Vers une tripartite PS-Ecolo-MR?

De ce que l’on en sait, il semble que les jeux restent ouverts, des voix se faisant entendre tant en faveur d’une tripartite PS-Ecolo-MR que pour une nouvelle cure d’opposition, laissant dès lors le champs libre à une coalition ne regroupant que socialistes et libéraux.

La campagne a laissé des traces

La campagne électorale et les attaques du MR contre Ecolo ont laissé des traces. L’expérience de l’arc-en-ciel est également restée dans la mémoire des écologistes. Entre 1999 et 2003/2004, Ecolo a participé à des majorités avec les socialistes et les libéraux au fédéral, en Wallonie et en Communauté française. Cette première expérience du pouvoir a été marquée par de vives tensions internes et s’était soldée par une lourde défaite des Verts aux élections. À l’époque, ils n’étaient pas non plus arithmétiquement indispensables.

“Les électeurs auraient sans doute aimé être prévenus”

“De dedans, de dehors ou en travers, rien n’y a fait. PTB et cdH ont donc décidé de donner les clés de la Wallonie au PS et au MR, en les rendant incontournables”, a tweeté, mardi soir, le chef de groupe Ecolo au Parlement de Wallonie, Stéphane Hazée. “Les électeurs auraient sans doute aimé être prévenus que même avec un rapport de forces, ces deux groupes n’entendaient en aucun cas essayer de mettre en oeuvre leur programme”, a-il ajouté.

“Ce sera mieux à trois qu’à deux”

Mardi soir, interrogé par la VRT, le vice-président MR du gouvernement wallon, Jean-Luc Crucke, a exprimé sa préférence pour une coalition associant son parti, les socialistes et les écologistes. “Nous devons essayer entre libéraux, écologistes et socialistes de trouver des solutions pour les années à venir. C’est vrai que nous n’avons pas besoin d’Ecolo mais nous voulons un gouvernement fort, avec de grandes réformes, et je pense que ce sera mieux à trois qu’à deux. Nous avons de grands défis qui nous attendent ici en Wallonie: économique, social et climatique”, a-t-il expliqué.

“La campagne, c’est le passé”

Le ministre balaie d’un revers de la main l’ambiance très tendue entre le MR et Ecolo durant la campagne électorale. “La campagne, c’est la campagne, ce sont des mots, c’est le passé. Ce qui est plus important que les mots, c’est la volonté. Existe-t-il suffisamment de convergences entre ces trois partis? Selon moi, oui. Sur le climat, il y a un accord à portée de main. On doit avoir un peu de maturité et faire un pas les uns vers les autres”.

Note “coquelicot”? “Une note de gauche”

Quant à la note “coquelicot”, négociée entre PS et Ecolo avec des contributions de la société civile, il s’agit d’une “note de gauche, de deux partis de gauche”, estime M. Crucke. “Nous sommes un parti libéral. Nous devons donc trouver des convergences avec notre programme libéral”.

Le conseil de fédération est le parlement interne d’Ecolo. Il réunit les délégués des régionales du parti, des délégués fédéraux, les parlementaires et la co-présidence. 

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