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En string sous sa jupe transparente: Zahia est-elle vraiment la plus exhibitionniste?

Zahia Dehar a été propulsée sur le devant de la scène en révélant les habitudes sexuelles peu glorieuses de Franck Ribéry et compagnie. L’escort de luxe devient actrice: elle tient le haut de l’affiche du film “Une fille facile” de Rebecca Zlotowski. Zahia est Sofia, Parisienne qui débarque à Cannes pour passer l’été avec sa cousine de 16 ans, Naïma.

Naïma est encore innocente tandis que Sofia sait comment jouer de ses charmes pour obtenir ce qu’elle veut. Sofia ne croit pas à l’amour, elle croit aux échanges de bons procédés: mon corps contre une jolie montre. Les deux filles vont passer une partie de l’été avec deux hommes riches sur leur yacht. Naïma va observer sa cousine du coin de l’oeil et apprendre que dans la vie, il y a différentes façons d’arriver à ses fins.

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Les critiques sur la Croisette sont étourdissantes, beaucoup voyant en Zahia, la nouvelle Brigitte Bardot. On a surtout été choqué par son visage et son corps dramatiquement déformés par la chirurgie esthétique. Ce corps, étrange objet de désir, qui a donné envie à Rebecca Zlotowski d’offrir un premier rôle à Zahia et qui est aussi la première chose qui apparaît à l’écran... Il fait chaud à Cannes dans le film “Une fille facile”. Bien plus que cette semaine. Zahia est peu habillée et n’a aucun complexe à dévoiler son opulente poitrine. Quitte à avoir payé cher et vilain sa paire de seins, autant la montrer... Et puis, ça pourrait faire oublier la faiblesse de son jeu d'actrice. 

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Si certains adoreront l’idée, le côté mis en abyme est gênant. L’image que les médias renvoient de Zahia depuis l’affaire qui la concerne, c’est celle d’une fille facile, taiseuse, qui utilise les autres aussi bien qu’ils l’utilisent. On est un peu dans le même cas de figure avec ce film. Zahia utilise Rebecca pour donner une nouvelle impulsion à sa carrière, Rebecca utilise Zahia pour l’intérêt qu’elle suscite.

Citation

Qui est le plus exhibition­nis­te? Ceux qui affichent leur luxe aux yeux de tous ou celle qui porte un string sous sa jupe transparen­te?

Rebecca Zlotowski, Réalisatrice du film “Une fille facile”

Zahia n’a pas à être gênée d’avoir fait ce qu’elle a fait mais le buzz qui a suivi les révélations dans la presse lui a quand même donné des idées de suicide... Elle assume mais ce n’est pas facile de n’être résumée qu’à ça. On continue pourtant à se servir de son corps ridiculement proportionné pour bâtir un film. 

Zahia aura-t-elle un jour la possibilité de montrer une autre facette de sa personnalité? Question sous-jacente: en a-t-elle envie, en fait? Si pas, tant mieux. Parce que personne ne semble avoir l’intention de lui tendre la main pour l’emmener sur une autre rive. Zlotowski se défend: “Comme disait Hitchcock, il vaut mieux partir d’un cliché que d’y arriver”. 

La partie la plus intéressante de l’histoire, c’est finalement celle de Naïma, dont la mère est femme de ménage dans un hôtel de luxe. Mère et fille ont vécu toute leur vie du côté de ceux qui servent au lieu de ceux qui sont servis. Sofia réveille chez Naïma des envies de mieux ou en tout cas des envies de sacs Chanel. Parce qu’on pourrait croire, dans certains moments de faiblesse ou de doutes comme on en traverse tant à 16 ans, que l’argent peut faire le bonheur... Elle pourra heureusement compter sur la présence bienveillante de Philippe, joué par un excellent Benoît Magimel, pour garder la tête sur les épaules et, surtout, des vêtements sur son corps d’adolescente.