La bouleversante Angèle face au désinvolte Edouard Baer: comment ne pas craquer?

VideoLe Festival de Cannes s'est ouvert mardi soir avec le film "The Dead Don't Die" de Jim Jarmusch et Edouard Baer à la présentation de la cérémonie. De la soirée d'ouverture, il faut retenir...

L'hommage touchant d'Angèle à Agnès Varda

Le Festival de Cannes s'est ouvert sur une chaise vide marquée du nom d'Agnès Varda. On a revu la défunte brièvement monologuer dans un extrait du film "Varda par Agnès" avant que la Belge Angèle lui rende hommage de bien jolie façon, en interprétant "Sans toi", composé par Michel Legrand. Un morceau tiré du film de la réalisatrice disparue "Cléo de 5 à 7". A l'issue de la chanson, Edouard Baer a demandé à l'embrasser. "Tout le monde en rêve..."

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La désinvolture d'Edouard Baer

La légèreté du maître de cérémonie fait du bien dans ce monde compliqué. On dirait toujours qu'Edouard Baer arrive sur scène sans n'avoir rien préparé et pourtant, c'est du travail de faire semblant qu'un direct pareil n'en est pas un. Il nous a parlé du "cauchemar de la salle vide" qui hante tout réalisateur, comparant ça au sentiment de déception que ressentirait un enfant de deux ans qui vient d'apprendre à marcher pile au moment où ses parents tournent la tête et ne le regardent pas. "A partir de combien peut-on dire qu'un film est raté en France? Aux Etats-Unis, c'est simple, ça se compte en dollars. En France, on est sentimental, on compte les spectateurs. 100.000 personnes, c'est plus de gens qu'on rencontrera dans une vie. Tout le monde est content sauf les financiers. Une personne? C'est un triomphe à l'envers."

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Le tacle à Netflix

Edouard Baer avait évidemment le mot juste pour mettre le doigt là où ça fait mal. "C'est miraculeux que les gens se déplacent pour aller au cinéma, parce qu'il y a la tentation d'être soi-même une fiction avec les réseaux sociaux. De quel côté de l'écran est le film?" Et faisant référence à la multitude de stars présentes dans l'assemblée: "Au Festival de Cannes, la salle est parfois tellement extraordinaire que le film s'arrête pour la regarder." Et de rappeler: "Le cinéma, c'est la salle de cinéma, c'est le collectif, la chaleur humaine, c'est sortir de chez soi plutôt que de rester là à manger des pizzas en regardant Netflix! Ou en regardant sa pizza. Ou de se regarder en train de regarder sa pizza."

Le discours du Président

Edouard Baer a ensuite présenté le jury avec une pirouette humoristique qui restera dans les mémoires. "Le jury a accepté de se montrer à visages découverts pour que les gens qui ne sont pas récompensés puissent s'en prendre à eux physiquement." Alejandro Gonzalez Iñarritu est président du jury cette année. Il a partagé son enthousiasme à l'idée de traîner dans les salles obscures au cours des 12 jours à venir.

"Les artistes qui ont mis toute leur vie pour nous amener ces trésors, c'est un cadeau extraordinaire. C'est un privilège de pouvoir être accompagné d'un groupe aussi différent de collègues cinéastes et artistes qui vont m'accompagner pour qu'ensemble, nous prenions une décision  qui peut changer la vie d'un artiste", a-t-il déclaré. "Nous allons faire notre maximum pour trouver le bijou qui aura résonné le plus en nous."

Et Baer de conclure: "Je vous laisse avec la vie, je vous laisse choisir entre la vie et le cinéma..."

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