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Idir Ben Addi, le jeune acteur du nouveau film des frères Dardenne. © DR

Oui, le “héros” des Dardenne est un gamin radicalisé mais...

... ce n’est finalement pas ça qui compte le plus. Quand l’annonce de leur sélection cannoise est tombée, les frères Dardenne se sont immédiatement défendus d’avoir fait un film sur la radicalisation. Nous avons vu “Le jeune Ahmed” et effectivement, si le film parle de la dérive de l’islam, l’histoire ne s’arrête pas à ça.

Ahmed, 13 ans, a un bon fond mais de mauvaises fréquentations: l’imam qu’il fréquente, notamment. Ce jeune adolescent délaisse ceux qui l’ont toujours accompagné dans la vie, sa mère et la prof de l’école des devoirs en tête. Quand celle-ci propose d’apprendre des chansons en arabe aux élèves afin d’enrichir leur vocabulaire, Ahmed voit rouge et décide de faire comprendre à cette mécréante que c’est interdit par le prophète.

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Les frères Dardenne nous montrent comment ce jeune adolescent se laisse convaincre par les paroles rassurantes de l’imam et les vidéos des hommes morts en martyr au service de l’islam diffusées sur Internet. Il pense agir pour la bonne cause mais au lieu de tuer sa prof comme il l’avait prévu, il va prendre une leçon de vie qui va changer ses plans.

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Jean-Luc et Pierre Dardenne, doublement palmés et c’est assez rare pour être soulignés, abordent un sujet d'actualité compliqué mais le prennent surtout comme prétexte pour aborder la question du pardon. On ne sait pas pourquoi Ahmed en est là et ça ne sera pas expliqué. Les Dardenne ne changent pas leur fusil d’épaule: on est dans un cinéma économe et sensible. “Le jeune Ahmed” prétend à la Palme d’or, attribuée le 25 mai. Vous pourrez le voir avant l’annonce du palmarès: le film sort ce mercredi au cinéma.