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Brad Pitt joue la doublure de Leonardo DiCaprio et il est génial. © DR

Des acteurs super, du sang, de l’humour, des références pointues: Tarantino fait plaisir à tout le monde

Quentin Tarantino se frotte les mains: “Once Upon a Time... in Hollywood” fait le meilleur démarrage de sa carrière. 

Il y a souvent une star qui sort du lot dans un film. Une tête d'affiche. Un nom qu’on a envie de mettre en gras sur l’affiche pour rappeler que c’est cette personne-là qui porte le projet. En réunissant Leonardo DiCaprio et Brad Pitt, Quentin Tarantino a fait fort: déjà parce qu’il est le premier à le faire mais aussi parce qu’il leur a écrit des rôles taillés sur mesure, offrant à l’un des monologues habités (Leo) et à l’autre des répliques qui le rendent plus cool encore que ce qu’il n’est déjà (Brad). On sent le respect qui les habite. Aucun n'a envie de tirer la couverture à lui. Quand ils se font face, ils se partagent, vraiment, la vedette. 

Quentin nous l'a fait promettre: pas de spoiler, please. On ne vous racontera donc pas dans le détail l’histoire du film. Leonardo DiCaprio joue Rick Dalton, acteur à succès, tandis que Brad Pitt est Cliff Booth, son double pour les cascades mais aussi son ami, son assistant personnel, son chauffeur et on en passe. Tous les deux luttent pour garder leur place dans une industrie cinématographique en plein changement. Ils s’encouragent, se serrent les coudes. Le film les suit à travers leurs succès et leurs défaites dans ce milieu compliqué, du western pensé pour la télé au western spaghetti, du film d’arts martiaux à la pub pour cigarettes. Leur cheminement, qui suit celui du cinéma à l’époque, n’est pas simple, prend parfois des détours inattendus et est rythmé par des échanges improbables.

Le suspense jusqu’au bout

Quentin Tarantino entretient le suspense. On comprend, en voyant Sharon Tate et Roman Polanski à l’écran, qu’il va se passer quelque chose. Ça se précise quand Cliff rencontre une jeune fille a priori inoffensive au bord de la route... On a dû mal à voir comment tout ça va se mettre en place. Les intrigues parallèles sont nombreuses. Le spectateur ne sait pas quand tout ça va finir par exploser et à quel moment ces personnages vont se rencontrer. On ne sait pas à quoi s’attendre et quand le moment de basculement arrive, tout le monde applaudit, comme pour relâcher la tension.

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Quentin Tarantino nous offre une comédie ambitieuse et rythmée, empreinte de nostalgie, souvent brillante, parfois brouillonne. Violente, aussi, dans sa deuxième partie. Quentin Tarantino est quand même le seul qui sache faire gicler le sang en provoquant à la fois horreur et rire. C’est évidemment bavard. Les dialogues sont délicieux, incisifs, ça part dans tous les sens et c’est plein de références au cinéma des années 60. Quentin Tarantino a une culture en la matière très pointue et on admet être passé, parfois, à côté de certains échanges parce qu'on n’a pas forcément les outils pour tout comprendre. Mais en se faisant plaisir, Quentin Tarantino fait aussi plaisir aux spectateurs, donc personne ne lui en voudra. Le jeu des acteurs est de toute façon tellement parfait qu’il mérite à lui seul le prix dépensé pour sa place de cinéma. 

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