Bart De Wever (à gauche), Georges-Louis Bouchez, Gwendolyn Rutten et Meyrem Almaci (à droite)
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Bart De Wever (à gauche), Georges-Louis Bouchez, Gwendolyn Rutten et Meyrem Almaci (à droite) © Photo News

“Pas content”, De Wever s'en prend aux présidents de partis qui jubilent: “Triste spectacle”

Selon le président de la N-VA Bart De Wever, son homologue du PS Paul Magnette a rompu sa promesse de former un gouvernement d’urgence rassemblant leurs deux partis, et l’Anversois estime qu’une équipe restreinte de dix ministres (cinq de chaque côté de la frontière linguistique) aurait mieux affronté le coronavirus que le gouvernement minoritaire actuel.

Bart De Wever a déclaré lundi matin sur les ondes de radios flamandes qu’il n’était “pas content” du résultat des négociations des jours précédents. “Jeudi, il y avait un accord de principe avec le PS, aussi grâce à Conner Rousseau, (président) du sp.a. On aurait fait un petit gouvernement de dix ministres. (Paul Magnette) a ensuite retiré sa parole et n’a pas osé, imposant même un veto contre nous.”

Beaucoup de bruit pour presque rien

De Wever parle d’un “triste spectacle”. “Je trouve ça particulièrement dommage. Nous sommes face à une crise énorme, la pire du siècle, éventuellement suivie d’une récession. Dans tout pays normal, les deux plus gros partis montent dans un gouvernement. Dans une situation de guerre, on envoie sa meilleure équipe au front, la crème de la rue de la Loi, deux fois cinq ministres. Nous avions déjà un gouvernement d’urgence, il était déjà là. C’est donc ‘much ado about very little’ (beaucoup de bruit pour très peu). Le ‘restregering’ (gouvernement aux pouvoirs limités) continue simplement.”

Pique au passage

L’équipe en place est trop large, selon De Wever. La N-VA aurait préféré un petit gouvernement avec un point de mire. “L’actuel ministre de la Mobilité, vous le connaissez? Qui connaît son nom? (François Bellot, du MR, ndlr) Que va-t-il faire dans ce gouvernement?”

“Dommage”

“Dommage que, même dans ces circonstances, aucun gouvernement d’unité ne puisse être formé. La somme de tous les veto du PS fait que la Belgique va affronter la plus grosse crise du siècle avec un gouvernement minoritaire”, a tweeté lundi la N-VA, reprenant les propos de son leader au micro de la VRT.

Pas de volonté de devenir Premier

Bart De Wever dit qu’il ne voulait pas en soi devenir Premier ministre. “Je n’ai jamais exigé ça, mais j’ai fait la proposition. Nous n’avons jamais non plus exigé une réforme de l'État en premier, c’est un mensonge visant à nous chasser. Tout le monde l’a reconnu hier, sinon j’aurais simplement quitté la réunion.”

“Complètement déplacé”

“Sans respect, sans honneur, sans code: c’était très triste, hier. Alors j’ai dit: donc le ‘restregering’ continue simplement. Et c’est ce qui s’est passé. Mais toute cette jubilation ensuite, c’est complètement déplacé”, a commenté De Wever, renvoyant à la photo des présidents libéraux Georges-Louis Bouchez (MR) et Gwendolyn Rutten (Open Vld) avec la présidente de Groen Meyrem Almaci en arrière-plan.

“Qui irait dire à De Block ‘Vous ne pouvez pas acheter de masques’?”

Bart De Wever a assuré du soutien de la N-VA aux mesures prises au fédéral contre le coronavirus, sans que ce soutien soit pour autant aveugle. “Pourquoi avoir besoin de pouvoirs spéciaux, ça, je ne sais pas, sauf si le parlement ne peut plus se réunir, à un moment donné”, a-t-il ajouté. “Mais qui au parlement irait dire à la ministre De Block ‘Vous ne pouvez pas acheter de masques ou prévoir un budget supplémentaire pour les médecins’?”

Enthousiasme non partagé

“Nous allons observer ça, mais je ne partage pas cette ambiance de réjouissance”, a conclu Bart De Wever, précisant qu’il ne serait pas lui-même l’envoyé de la N-VA, son agenda étant déjà rempli par le coronavirus dans sa ville d’Anvers.

Une réunion est prévue ce lundi à 17 heures entre le kern et les représentants des sept partis qui ont décidé de soutenir le gouvernement minoritaire. Les contours des pouvoirs spéciaux octroyés à l’exécutif ainsi que la méthode de travail pour les prochaines semaines devraient y être définis.