Georges-Louis Bouchez et Bart De Wever, les présidents du MR et de la N-VA.
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Georges-Louis Bouchez et Bart De Wever, les présidents du MR et de la N-VA. © Belga

Le MR et la N-VA défendent le tax shift, critiqué par le PS et Ecolo

Mise à jourLe président du MR Georges-Louis Bouchez a défendu bec et ongles jeudi, dans une réaction à Belga, le tax shift mis en place par la coalition MR-N-VA-CD&V-Open Vld après les élections de 2014. Le financement du tax shift et ses retombées a été une nouvelle fois sévèrement critiqué par Ecolo et le PS après la publication dans La Libre d'un déficit probable en hausse qui risque bien de forcer le futur gouvernement fédéral à opérer des choix budgétaires délicats.

L'analyse du PS et d'Ecolo est "totalement fausse", selon Georges-Louis Bouchez. "Nous avons mieux financé la sécurité sociale avec le tax shift que si celui-ci n'avait pas eu lieu", affirme le Montois. 

Il évoque entre autres les bénéfices d'un "transfert de la fiscalité vers les comportements polluants et mauvais pour la santé", ainsi que la dotation d'équilibre et les retombées de la création de nouveaux emplois. Le tax shift a facilité selon lui "une création nette et directe de 55.000 emplois". "L'évaluation du tax shift se fait tous les jours via les chiffres que nous avons", notamment le taux de chômage historiquement bas que connaissait le pays fin 2019 (5,4% au 3e trimestre), poursuit-il. 

L'emploi intérieur avait augmenté de quelque 59.000 unités en 2016, selon le rapport annuel correspondant de la BNB, une hausse dans laquelle le tax shift aurait entre autres joué un rôle. Il y a un an, la BNB estimait les créations d'emploi à 59.000 unités en 2018, après 65.000 nouveaux jobs en 2017.

Citation

"Au lieu de déclarations tapageuses, le PS et Ecolo feraient mieux d'accepter de se mettre à la table des négociations où nous pourrions avoir des débats passion­nants sur la fiscalité”

Georges-Louis Bouchez, Président du MR

La passe d'armes de jeudi n'est pas anodine dans le contexte actuel de tractations en vue de véritables négociations pour la formation d'un gouvernement fédéral, près de neuf mois après les élections. Via communiqué, le président du PS Paul Magnette accuse le gouvernement précédent de laisser "un déficit dramatique qui menace la sécurité sociale" et réclame "un audit du tax shift (...) en préalable à la formation d'un gouvernement". 

"Au lieu de déclarations tapageuses, le PS et Ecolo feraient mieux d'accepter de se mettre à la table des négociations où nous pourrions avoir des débats passionnants sur la fiscalité", conclut George-Louis Bouchez, ex-informateur royal (en duo avec Joachim Coens). 

La BNB prévenait encore en décembre dernier qu'à politique inchangée, le déficit budgétaire de la Belgique augmenterait considérablement dans les prochaines années. La Banque nationale prévoyait alors un déficit de 2,1% du PIB pour 2020. Bonne nouvelle jeudi cependant, selon le Bureau du Plan: la croissance de l'économie belge devrait s'établir à 1,4% en 2020, en légère hausse par rapport à de précédentes prévisions de septembre dernier (1,1%).

La N-VA dénonce l’”information erronée” du PS

La N-VA a dénoncé jeudi l’”information erronée” diffusée selon les nationalistes flamands par le PS à propos du tax shift et de la politique budgétaire du gouvernement Michel.

Le Parti socialiste a dénoncé “l’ardoise laissée par le gouvernement précédent”, due à un tax shift qui “n’a jamais été financé” et “des cadeaux aux entreprises sans exiger de contreparties”.

“La réduction des charges sur le travail a considérablement accru le pouvoir d’achat des salaires les plus bas et a contribué à une forte création d’emplois ces dernières années. Cela ne nécessite pas d’audit”, a répliqué la N-VA dans un communiqué.

Le parti nationaliste ajoute que nombre d’organisations nationales et internationales, comme l’OCDE (Organisation de Coopération et de Développement économiques) ont jugé ces réformes positives.

La N-VA se dit encore prête à discuter de ses propositions à la table des négociations sur la formation d’un nouveau gouvernement fédéral menées par le vice-Premier ministre Koen Geens, chargé d’une mission par le roi Philippe.

“Nous allons maintenir notre attitude discrète et constructive. Formuler dans la presse toutes sortes de conditions supplémentaires complique à nouveau les négociations fédérales”, conclut le communiqué. 

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