Plein écran
© REUTERS

Ils étaient présélectionnées pour juger Harvey Weinstein: pourquoi ces 40 personnes ont renoncé

La sélection des jurés a commencé mardi à Manhattan dans le procès ultra-médiatisé d'Harvey Weinstein, après que le juge eut rejeté une demande de report de la défense et menacé le producteur déchu de détention s'il utilisait son portable à l'audience.

Au deuxième jour de ce procès crucial pour le mouvement #MeToo, l'un des avocats du magnat hollywoodien, Arthur Aidala, a estimé que l'annonce la veille par le procureur de Los Angeles d'une nouvelle inculpation de l'ex-producteur pour agressions sexuelles sur deux femmes, était "sans précédent" et "incroyablement préjudiciable" pour M. Weinstein.

M. Aidala a estimé que cela constituait "un cadeau de Noël" pour l'accusation, et rendait impossible qu'un jury "équitable et impartial" puisse être sélectionné à ce stade. Il a demandé à ce que la sélection des jurés soit reportée.

Mais le juge James Burke a balayé sa demande, rétorquant que tout accusé était "présumé innocent" et que cela serait expliqué aux jurés.

La pré-sélection des jurés dans le procès du magnat hollywoodien, prévu pour durer jusqu'au 6 mars, a commencé dans la foulée, avec la convocation de quelque 120 jurés potentiels.

Les 72 questions posées aux jurés

Le questionnaire donné aux jurés pré-sélectionnés a été dévoilé. Vous pouvez le lire ici. En plus des traditionnelles questions personnelles pour établir le profil de la personne choisie, des questions plus spécifiques sont posées au sujet du cas Weinstein. On demande notamment aux gens s’ils sont capables de juger l’affaire en se basant uniquement sur les preuves qui seront données au tribunal.

Parmi les interrogations, on peut lire: “Avez-vous vu, lu ou entendu parler de l’accusé, de cette affaire ou de ses comptes rendus dans les journaux, sur Internet à la télévision, à la radio ou dans un magazine? Si c’est le cas, l’information affecte-t-elle votre capacité à être juste et impartial?”

Ils doivent aussi faire savoir s’ils connaissent des victimes d’agression sexuelle ou physique et s’ils connaissent quelqu’un dans l’industrie du divertissement. On leur demande aussi s’ils ont eux-mêmes été victimes d'agression sexuelle ou de viol.  

40 jurés renoncent

Les personnes pré-sélectionnées ont été présentées à Weinstein qui s’est levé timidement pour les saluer. Quarante jurés potentiels ont déclaré ne pas pouvoir être impartiaux, et ont été excusés.

Les autres devront revenir au tribunal le 16 janvier, pour une sélection resserrée et des questions plus poussées, y compris s'ils ont des proches ayant subi des agressions sexuelles. L'idée est d'écarter ceux dont l'objectivité serait affectée.

Le juge a indiqué qu'il espérait que les plaidoiries d'ouverture se tiendraient le 22 janvier.