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Bolsonaro insiste: Macron doit “se rétracter”

Le président brésilien Jair Bolsonaro a posé  mercredi comme condition à un dialogue que le président français Emmanuel Macron "se rétracte" après l'avoir accusé de mensonge et avoir "relativisé" la souveraineté du Brésil sur l'Amazonie.

M. Macron "m'a traité de menteur et à deux reprises a dit que la souveraineté (brésilienne sur) l'Amazonie devait être relativisée", a dit le chef de l'Etat à des journalistes. "Nous pourrons recommencer à nous parler quand il se sera rétracté après ce qu'il a dit contre ma personne", a-t-il poursuivi.

Les dramatiques incendies qui sévissent en Amazonie ont provoqué une crise diplomatique entre Brasilia et Paris. M. Macron avait accusé M. Bolsonaro d'avoir "menti" sur ses engagements environnementaux et avait indiqué, au grand dam de Brasilia, que la question de la souveraineté de l'Amazonie était ouverte. La France a été copieusement attaquée par ailleurs par le gouvernement brésilien.

Emmanuel Macron s'était interrogé sur l'opportunité de conférer un statut international à la forêt amazonienne, au cas où les dirigeants de la région prennent des décisions nuisibles pour la planète.

“Le Brésil n’est pas à vendre” 

"Il est important de redire que l'Amazonie du Brésil est sous souveraineté brésilienne", a dit M. Bolsonaro -- dont le pays abrite 60% de la plus grande forêt tropicale du monde -- avant d'accuser: "l'Allemagne et particulièrement la France sont en train d'acheter notre souveraineté".

"Le Brésil n'est pas à vendre pour 20 millions (de dollars), ni 20 milliards", a-t-il poursuivi.

Mardi, M. Bolsonaro avait exigé déjà des excuses de M. Macron avant toute discussion sur l'Amazonie, avant que Brasilia ne fasse machine arrière et annonce en soirée avoir finalement accepté une aide financière. Le G7 réuni en France le week-end dernier avait proposé 20 millions de dollars.

Brasilia a dit mardi soir être "ouvert" à une aide "d'organisations étrangères et même de pays" pour lutter contre les incendies "à condition de contrôler l'utilisation des fonds".

Mais mercredi M. Bolsonaro, ajoutant à la confusion sur la position du Brésil, a déclaré: "Nous pouvons accepter toute aide bilatérale".