Ce qu'on ne vous dit pas sur l'expatriation en famille

BlogNotre journaliste Déborah Laurent est installée en Californie une grande partie de l'année. L'occasion pour 7sur7 de vous fournir l'information la plus rapide et la plus complète possible (merci le décalage horaire!). Et l'occasion pour elle de constater les différences culturelles impressionnantes avec notre plat pays et d'apprendre à vivre en famille loin de tous. Elle en parle sur son blog personnel Sea You Son (et sur Instagram ici et Facebook ici). Nous vous proposerons chaque mardi l'un de ses articles de blog ici.

Partir à l'autre du bout du monde pour un temps long plus ou moins défini, ça donne le vertige. Mais partir à l'autre bout du monde en famille, ça diminue les peurs. On se confronte à une autre culture en douceur: on continue à parler sa langue maternelle à la maison, on découvre de nouveaux endroits ensemble, on s'encourage et on se soutient mutuellement quand le manque du pays se fait trop lourd. On n'est jamais vraiment seuls.

Et c'est bien cela qu'on ne vous dit jamais au sujet de l'expatriation en famille: on n'est jamais vraiment seuls. Si ça rend l'arrivée moins brutale, ça met votre couple et votre vie de famille à l'épreuve. Ici, pas de soupape de décompression, pas de grands-parents pour prendre le relais le vendredi soir, pas de copines avec qui aller boire un verre pour faire un break. On se réveille à la même heure, on mange ensemble trois fois par jour et on va se coucher au même moment. Quand je ferme la porte de ma chambre où se trouve mon bureau, Ezra l'ouvre dans les cinq minutes pour savoir pourquoi je l'ai fermée. Quand je prends ma douche, il est derrière le rideau et il me parle de Flash McQueen. Quand mon mec ne se trouve pas dans la même pièce que moi, j'ai l'impression qu'il tire la tête. On est à trois. Tout le temps.

Notre configuration de travail est, en plus, particulière: on travaille tous les deux à la maison. Donc même les jours où Ezra est à l'école, on respire le même air. Chacun dans sa pièce, certes, mais quand même. Si ça s'est toujours globalement bien passé, on a eu quelques soirées compliquées au début. Ezra était plus petit, on prenait encore nos marques dans notre nouveau rôle de parents et on était frustré non pas d'être l'un avec l'autre mais d'être coincés chez nous sans possibilité de laisser Ezra gratuitement à quelqu'un.

Le baby-sitting ici, c'est 15 dollars de l'heure et financièrement, on vivait sur un seul salaire, et on savait difficilement se le permettre. Aujourd'hui, on sort toujours assez peu et quand on le fait, Ezra ayant grandi, on l'emmène avec nous. Comme je le disais, il est scolarisé cette année, ce n'était pas le cas l'année passée. Ca change aussi la donne et ça nous offre des possibilités de respiration.

Mais je vous jure: il faut s'aimer très fort et apprendre à supporter ceux qui habitent sous notre toit sans trop râler. On ravale ici des remarques qu'on aurait faites très facilement en Belgique. On évite les conflits inutiles. On sait qu'on va très vite être forcés de les résoudre. Il faut donc se disputer pour l'essentiel, sinon on ne s'en sort plus. Ca vous apprend la patience, la compréhension et l'acceptation.

Mais la chose surprenante que j'ai apprise ici, c'est que s'expatrier en famille, ça vous empêche de rencontrer des gens et ça vous isole un peu. Lisez la suite sur le blog.

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