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La Californie n'est pas qu'un cliché fait de palmiers et de sable doré: la preuve

BlogNotre journaliste Déborah Laurent est installée en Californie une grande partie de l'année. L'occasion pour 7sur7 de vous fournir l'information la plus rapide et la plus complète possible (merci le décalage horaire!). Et l'occasion pour elle de constater les différences culturelles impressionnantes avec notre plat pays et d'apprendre à vivre en famille loin de tous. Elle en parle sur son blog personnel Sea You Son (et sur Instagram ici et Facebook ici). Nous vous proposerons chaque mardi l'un de ses articles de blog ici.

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Le film Les Oiseaux a été tourné à Bodega Bay. © DR

C'est bon, on peut rentrer: la Californie n'a plus de secret pour nous. On connaissait la Côte Ouest de San Francisco à San Diego. On s'était fixé comme objectif de découvrir l'autre partie de la mythique route 1, celle dont on parle moins et qu'on disait plus sauvage: la partie au-dessus de San Francisco. On est monté jusqu'à Eureka avant de redescendre vers la Napa Valley. Première constatation: alors que le soleil pique les yeux toute l'année du côté de Los Angeles, c'est la brume qui nous a cueillis dès la traversée du mythique pont du Golden Gate. Elle a mis du temps à nous quitter et c'est là que je me suis rappelée à quel point la météo influençait mon état d'esprit. Difficile dès lors de vous parler de Bodega Bay, qui a accueilli le tournage du film "Les Oiseaux" d'Alfred Hitchock en son temps et le tournage d'un film d'horreur baptisé, clairement pas par hasard, "Fog". Le paysage était en effet enveloppé dans un épais brouillard qui semblait ne plus jamais vouloir se lever. On ne s'est donc pas éternisé.

Après une route aux lacets qui chatouillaient l'estomac, on a été accueilli par un bref rayon de soleil à Point Arena qui n'était habité que par 453 personnes en 2017. Ou quand l'expression "bled paumé" prend tout son sens. On a logé dans un hôtel, le seul (le Wharf Master's Inn), au bord de l'océan. Les escaliers en bois de cette mystérieuse bâtisse accrochée à la montagne semblaient implorer qu'on les épargne à chacun de nos pas. Le ciel était du même gris que l'océan agité. Ce voyage m'a permis de découvrir que l'automne existait aussi en Californie. On a donc plongé dans le bain à bulles installé dans notre chambre. Il n'y avait que ça à faire et finalement, c'était bien.

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Point Arena. © Sea You Son

Toujours plus haut, on a découvert Mendocino, adorable petite bourgade avec vue sur l'océan qui fut le décor de la série "Arabesque". On n'a pas croisé Jessica Fletcher mais on s'est arrêté pour manger au Goodlife Cafe and Bakery. C'était bon, c'était sain et c'était abordable. C'est suffisament rare pour que je le signale. Autre coup de coeur: la mignonnerie du magasin de jouets Village Toy Store, avec plein de petites choses pour tous les âges, tous les goûts, le tout très Instagrammable.

On a dormi à Fort Bragg, un peu plus haut, et un peu moins joli. Du moins au premier coup d'oeil. En vrai, on avait un motel parfait avec terrasse et vue sur l'océan. La végétation, l'alignement parfait des maisonnettes bleues, le petit sentier de promenade, on se serait cru au Zwin. On a laissé le soleil nous réchauffer les joues et on a respiré l'iode à plein poumons.

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Fort Bragg. © Sea You Son

Dans le coin, deux choses à faire. La première, s'arrêter à la gare et embarquer à bord du Skunk Train. Il existe plusieurs itinéraires, on a fait simple: on a pris le trajet basique d'une heure à travers la forêt de sequoias géants. Ezra a passé le nez collé à la fenêtre mais surtout sur la plateforme extérieure, les yeux en l'air. C'était dépaysant et surprenant: la Californie a tellement d'autres visages que celui que le grand public lui connaît. Une fois à quai, on a dû passer par la boutique qui, pour une fois, n'était pas un attrape-nigaud. Il y avait de très jolis circuits de trains pour les enfants, dans une qualité qui ne leur permettra d'être refilés à la génération suivante, mais à un prix tout à fait raisonnable.

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Le Skunk Train de Fort Bragg. © Sea You Son

Deuxième activité immanquable: Glass Beach, soit la plage de verre. Elle est la preuve à la fois monstrueuse et merveilleuse de la pollution humaine. Dans les années 1950, les habitants de la région balançaient leurs déchets, leurs appareils électroménagets défectueux, des épaves de voiture directement dans l'océan. A l'époque, on ne se demandait pas vraiment ce qu'il allait bien pouvoir faire de tout ça. On se disait juste qu'on avait fait de la place et que c'était très bien comme ça. Il a fallu des années pour que cette décharge sauvage soit interdite. En attendant, l'océan a répondu à sa façon: en rejetant des millions de débris de verre sur les plages des alentours. Le soleil, le vent, le sable ont tranformé ces déchets en petits galets colorés et tout doux. Ils jonchent encore aujourd'hui les plages du coin mais c'est Glass Beach la plus touchée. Il est normalement interdit d'en récolter. L'idée étant de pouvoir sensibiliser les générations suivantes à la pollution humaine. J'ai pourtant vu quelques touristes s'en mettre des poignées dans les poches. Il y en a décidément qui ne comprennent rien.

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Dans les années 1950, les habitants de la région jetaient leurs déchets, des épaves de voiture aux appareils électroménagers défectueux dans l'océan. L'océan a rejeté des milliers de petits morceaux de verre qui ont été polis par l'eau et le soleil. Voici Glass Beach. © Sea You Son

On a quitté la côte pour traverser l'Avenue des Géants: 56 kilomètres au coeur d'une forêt chargée d'histoire. Certains des plus vieux sequoias du monde s'y trouvent. On se sent tout petit et bien jeune à côté de ces ancêtres silencieux. On a fait un arrêt au Shrine Drive-Thru Tree: un arbre tellement grand (29,50 mètres) et tellement large (5,26 mètres) qu'on peut le traverser en voiture. Je vous montre toutes les photos sur le blog et je vous dis aussi pourquoi on n'a pas bu dans la Napa Valley pourtant dédiée à ça. La suite de l'article et les photos, c'est ici.