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Alaphilippe, Ineos, les Belges... sept questions pour la dernière semaine du Tour

Tour de FranceDepuis le début du règne britannique sur le Tour de France (Wiggins, Froome et Thomas ont remporté six des sept dernière éditions du Tour), on n’avait jamais connu un tel suspense. Six coureurs se tiennent en à peine plus de deux minutes en tête du général et si on excepte l’inattendu Julian Alaphilippe, ils sont même cinq en 39 secondes à peine. De quoi garantir une dernière semaine de feu sur la Grande Boucle. Le menu alpestre est en tout cas le cadre idéal pour vivre une bagarre mémorable avant l’arrivée à Paris dimanche prochain. 

Julian Alaphilippe peut-il, au moins, grimper sur la boîte?

Éblouissant depuis deux semaines, Julian Alaphilippe a connu son premier coup de mou, dimanche soir, dans la montée du Prat d’Albis. Mais le Français sort pourtant des Pyrénées avec une avance plus conséquente que quand il y est entré sur son premier poursuivant, Geraint Thomas (1’35’’). Que peut-il encore espérer ? Bien malin qui peut répondre à cette question, mais au vu des efforts fournis depuis le début du Tour et de la Grande Boucle, on imagine mal le Français en jaune sur les Champs et un podium serait, déjà, un fameux exploit. Mais avec ce Julian Alaphilippe là, il ne faut jurer de rien. 

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Pour la première fois depuis le départ du Tour, Julian Alaphilippe a montré des signes de faiblesse, dimanche, sur les pentes du Prat d’Albis. Le début de la fin pour le Français? © Photo News

Un vainqueur français 34 ans après ?

Et pourtant, à la sortie des Pyrénées et malgré la petite déconvenue d’Alaphilippe dimanche, les Français croient plus que jamais à une victoire d’un des leurs sur ce Tour. Et c’est aussi parce que Thibaut Pinot a été monstrueux ce week-end et qu’il a profité des cols pyrénéens pour reprendre du temps à tous ses adversaires. Sur ce qu’on a vu samedi et dimanche, Pinot est le meilleur grimpeur de ce Tour. En est-il pour autant devenu le grand favori? Sans doute. Mais la traversée des Alpes sera longue, corsée et très chaude. Pas forcément les conditions climatiques qui lui conviennent le mieux. 34 ans après, la France a en tout cas encore deux candidats pour succéder à Bernard Hinault, dernier vainqueur français de la Grande Boucle. 

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Vainqueur au Tourmalet, deuxième au Prat d’Albis, Thibaut Pinot a fait forte impression dans les Pyrénées. © Photo News

L’équipe Ineos plus menacée que jamais?

La Sky avait pour habitude d’étouffer le Tour de France, de grignoter jour après jour pour rapidement prendre le contrôle de la course et annihiler tous les espoirs des autres candidats à la victoire, loin de l’arrivée à Paris. Le scénario est radicalement différent pour la première année d’Ineos, son nouveau sponsor, dans le peloton. Geraint Thomas ne semble pas aussi fort que l’an dernier, Egan Bernal est apparu un cran en dessous de Thibaut Pinot ce week-end et les diaboliques équipiers du duo gallois-colombien ne semblent pas non plus à leur niveau de 2018. Mais qu’on ne s’y trompe pas : la formation britannique est toujours en bonne position pour remporter une septième Grande Boucle (en huit éditions !). Il faudra, bien entendu, d’abord se débarrasser d’Alaphilippe, mais si c’est le cas, Geraint Thomas reste le premier de ses poursuivants au général et Egan Bernal est toujours dans la course. Thomas est d’ailleurs le seul des prétendants qui compte à son palmarès une victoire dans un Grand Tour. Une expérience qui pourrait compter au moment d’aborder la dernière ligne droite. 

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Geraint Thomas n’est pas aussi souverain qu’il y a douze mois. © Photo News

Une quatrième victoire belge ?

Au-delà de la lutte pour le classement général, il reste six victoires d’étape à distribuer dans ce Tour de France. Peut-on rêver d’une quatrième victoire belge la semaine prochaine ? Les étapes de mardi (vers Nîmes) et de dimanche (sur les Champs) semblent promises aux sprinteurs et sans Van Aert et Philipsen, les chances belges y seront encore plus minces. Reste l’étape de Gap, sur laquelle lorgne particulièrement un certain Greg Van Avermaet, et les trois grosses étapes alpestres, où on peut s’attendre à une grosse bagarre entre les hommes du général. Difficile de voir un Belge d’imaginer un Belge triompher à Val Thorens ou à Tignes, mais on n’aurait pas cru non à unee victoire de Dylan Teuns au sommet de la Planche des Belles Filles.

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Après Dylan Teuns, Thomas De Gendt et Wout Van Aert, un quatrième coureur belge peut-il encore rêver de lever lels bras sur les routes du Tour 2019? © Photo News

Deux maillots distinctifs déjà joués ?

S’il est encore très loin de son premier top 3 dans un Grand Tour, Egan Bernal s’est déjà quasiment assuré une place sur le podium des Champs Elysées. Solide leader du classement des jeunes, avec 12 minutes d’avance sur David Gaudu, le Colombien portera, sauf énorme défaillance, le maillot blanc à Paris pour la deuxième année consécutive. Mais c’est encore plus évident pour Peter Sagan et son maillot vert. Le Slovaque a, encore, écrasé la concurrence au classement par points. Avec 93 points d’avance et un programme hyper-montagneux avant l’arrivée finale, seuls une arrivée hors-délai ou un abandon semblent encore pouvoir empêcher Peter Sagan d’enfiler un septième maillot vert à Paris pour définitivement passer devant Erik Zabel dans l’histoire du Tour.  

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Pour l’instant, Erik Zabel partage encore le record du nombre de maillots verts ramenés à Paris avec Peter Sagan. Mais, sauf accident, dimanche prochain, le Slovaque sera tout seul en haut de ce classement-là. © Photo News

Les pois seront-ils Belges jusqu’à Paris ?

Si la Belgique n’est pas venue sur le Tour avec le moindre pur grimpeur (à l’exception peut-être de Laurens De Plus, précieux équipier de Steven Kruijswijk), les Belges n’ont pas encore lâché le maillot à pois dans cette édition. Greg Van Avermaet l’avait endossé à Bruxelles et c’est Tim Wellens qui a pris sa relève. Depuis, le coureur de Lotto-Soudal le défend bec et ongles et ça tient. Mais les performances de Thibaut Pinot ont irrémédiablement rapproché le Français. Wellens aborde la dernière semaine avec 14 petits points d’avance sur Pinot et 27 sur Thomas De Gendt. Les deux coureurs de Lotto-Soudal vont certainement encore prendre les échappées dans les Alpes, mais sera-ce suffisant pour ramener le beau maillot à Paris ? Ça risque surtout dépendre de l’attitude des favoris et de la bagarre pour la victoire finale.

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Sans le vouloir, Thibaut Pinot s’est nettement rapproché de Tim Wellens en tête du classement des grimpeurs. Mais ce n’est évidemment pas l’objectif prioritaire du Français. © Photo News

A qui le prix du Super Combatif ?

Autre enjeu de cette dernière semaine et autre place à prendre sur le podium à Paris : le traditionnel prix du Supercombatif. Là aussi, on peut envisager de voir un Belge l’emporter. Tim Wellens, hyper-actif depuis le départ de ce Tour, à la bagarre quasiment tous les matins pour prendre l’échappée est, depuis deux semaines, sans aucun doute le coureur le plus offensif du peloton. S’il tient son rythme, il a de bonnes chances de succéder à Dan Martin, élu l’an dernier. Mais Peter Sagan, lui aussi déjà vainqueur de ce classement-là, ou Thomas De Gendt qui fait partie chaque année des candidats, auront aussi leurs chances s’ils continuent à attaquer. Julian Alaphilippe ou Thibaut Pinot sont, peut-être aussi, des candidats. Ça dépendra avant tout de la volonté d’un jury composé essentiellement de journalistes et consultants français mais qui s’est montré, ces dernières années, beaucoup moins chauvin qu’auparavant : au cours des cinq dernières éditions, trois coureurs étrangers ont été élus Supercombatifs du Tour (De Marchi, Sagan et Martin). 

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Thomas De Gendt, roi des attaquants, enfin sacré? © AFP
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