500.000 alligators hostiles, l'autre mauvaise surprise d'Harvey

L'ouragan Harvey, devenu tempête tropicale, a dépourvu 300.000 foyers d'électricité. Les habitants du Texas se préparent pourtant encore au pire, avec des inondations annoncées catastrophiques. La population terrifiée par des vents ayant atteint 200 km/h fait également face à une nouvelle menace: 500.000 alligators déplacés par les crues vont tenter de trouver un nouveau refuge, souvent dans les zones habitées. Sur les réseaux sociaux, les clichés commencent déjà à poindre.

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Archives: un alligator de plus de quatre mètres et 625 kilos, tué par un chasseur en 2007
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Archives: un alligator de plus de quatre mètres et 625 kilos, tué par un chasseur en 2007 © photo_news
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Tout effrayants qu'ils sont, les voilà eux aussi délogés et bousculés à l'instar des habitants du Texas, frappé de plein fouet par Harvey, l'une des tempêtes les plus historiques pour cet Etat américain. Les alligators sont environ 500.000 au Texas, région qui connaît la plus dense population de ces reptiles. "Et c'est une estimation très raisonnable", glisse au Houston Chronicle Amos Cooper, qui gère le dossier.

"Les crues les rendent nerveux"
Et avec l'actuelle montée des eaux des rivières et marécages, les reptiles se voient déplacés malgré eux et atterrissent dans les zones résidentielles où, désemparés, ils cherchent à se cacher et à manger. Forcément paniqués par ce nouvel environnement, ils sont sur la défensive et donc plus dangereux que jamais. "Les alligators deviennent nerveux en cas de fortes pluies et inondations. Ils se mettent en quête de cours d'eau au débit plus calme ou d'eaux stagnantes comme celles des étangs", explique Chris Stephens, qui dirige le Texas Gator Squad, à Vice News. "Ils quittent actuellement les rivières au courant trop fort et se dirigent de la sorte sur les routes, dans les verandas et devant les maisons".

"Ne les titillez pas"
Pour preuves, les premiers clichés qui fleurissent sur Twitter, Facebook ou Instagram et où l'on voit les cousins des crocodiles postés dans les jardins, tapis sous les voitures ou perdus sur le pas des portes. Les habitants peu rassurés ne savent pas toujours comment réagir et cherchent parfois à faire fuir les animaux agressifs. "Attendez que nous venions les déplacer. Contentez-vous de vous réfugier en hauteur. Laissez-les en paix jusqu'à la décrue", conseillent ainsi les autorités qui découragent tout geste "héroïque" aux non-initiés. La règle d'or: "N'allez pas les titiller, ne les touchez sous aucun prétexte".

Serpents
Et les alligators ne sont pas les seules bestioles auxquelles les victimes des inondations vont devoir s'habituer aux cours des prochains jours et semaines. "Les serpents auront exactement le même réflexe que les alligators", souffle Stephens. En parallèle, ratons-laveurs et phacochères vont eux aussi fuir les zones qu'ils affectionnent généralement. En plus de ces indésirables, un insecte particulièrement craint dans la région pour ses piqûres douloureuses, la fourmi de feu (venue d'Amérique du sud), s'organise pour résister aux intémpéries. Les fourmis se rassemblent pour former une sorte de radeau qui flotte et suit le courant... là aussi jusqu'à rejoindre les habitations.

Un moindre mal cependant face aux alligators qui atteignent généralement quatre mètres de long pour 360 kilos dans la région. Dans la Louisiane voisine, un specimen de 5,8 mètres a d'ailleurs déjà été observé. De nature, l'alligator ne voit pas nécessairement l'homme comme une proie mais n'hésitera pas à l'attaquer s'il se sent agressé ou menacé.