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Donald Trump. © AFP

À Davos, Trump fustige les “prophètes de malheur et leurs prédictions de l'apocalypse” devant Greta Thunberg

climatLa passe d’armes était annoncée et elle a eu lieu, par discours interposés: le président américain Donald Trump a fustigé mardi à Davos les “prophètes de malheur” du climat, sous les yeux de la jeune militante Greta Thunberg.

“Nous devons rejeter les éternels prophètes de malheur et leurs prédictions d’apocalypse”, a martelé Donald Trump devant l’élite économique et politique du globe, réunie dans la douillette station de ski des Grisons (Suisse) au premier jour du 50e Forum économique mondial (WEF).

Devant le président américain ouvertement climato-sceptique, un auditoire de grands patrons et de responsables politiques mais aussi la jeune militante suédoise, invitée pour la seconde année consécutive à Davos. Greta Thunberg doit d’ailleurs ouvrir dans l’après-midi une session au titre sans équivoque: “Eviter l’apocalypse climatique”.

Quelques heures plus tôt, elle avait rappelé à l’ordre les grands patrons et autres responsables politiques: “Le climat et l’environnement sont un sujet d’actualité aujourd’hui”, mais “en pratique, rien n’a été fait (...) les émissions de CO2 n’ont pas diminué”, avait-elle martelé.

Indépendance énergétique des Etats-Unis

Donald Trump, lui, dans un discours clairement destiné à son électorat, a vanté l’abondante production d’hydrocarbures et l’indépendance énergétique des Etats-Unis, mais sans jamais évoquer les énergies renouvelables.

En campagne pour sa réélection en novembre et à quelques heures de l’ouverture de son procès en destitution à Washingon, qu’il a qualifié de “farce”, il a déroulé à Davos, sur un ton plutôt monocorde, ses performances en termes de croissance économiques et de créations d’emploi aux Etats-Unis.

Surtout, comme lors de sa première venue à Davos en 2028, l’hôte de la Maison Blanche a réaffirmé sa politique de l’”America First”, saluant la trève signée la semaine dernière dans la guerre commerciale sino-américaine. “Le temps du scepticisme est terminé, les entreprises affluent de nouveau aux Etats-Unis”, a-t-il insisté.

Le président américain doit avoir à Davos des entretiens avec la présidente de la Commission européenne, ainsi qu’avec le président irakien, ce peu après l’assassinat en Irak d’un puissant général iranien par les forces américaines.

Reste à savoir de quel côté pencheront les décideurs économiques réunis à Davos en termes de climat.

Dans une récente enquête du cabinet PwC auprès de presque 1.600 patrons, le changement climatique ne figurait même pas parmi les 10 principales menaces pour l’économie mondiale pour 2020, n’apparaissant qu’en 11e position.

Les ONG sceptiques

Et les ONG présentes à Davos se gardent de tout triomphalisme. “Il y a une énorme progression de la prise de conscience au niveau des grands patrons, mais le défi est de la traduire aux échelons inférieurs, au sein de groupes gigantesques” aux chaînes de production complexes, insiste auprès de l’AFP Marco Lambertini, secrétaire général de l’organisation environnementale WWF.

Selon un rapport de Greenpeace publié mardi, dix banques régulièrement présentes à Davos ont à elles seules financé entre 2015 et 2018 le secteur des énergies fossiles à hauteur de 1.000 milliards de dollars.

Le Forum lui-même a été parfois taxé d’hypocrisie climatique en raison du ballet de jets, hélicoptères et limousines qu’il occasionne. Cette année, il tente de montrer l’exemple en bannissant les ustensiles à usage unique, en montant des buffets sans viande, en compensant les émissions carbone ou en prodiguant des conseils sur le carburant utilisé pour les avions privés.

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Greta Thunberg. © AP