“Airpocalypse” à New Delhi: le ministre de la Santé conseille de manger... des carottes

Mise à jourAlors que vingt millions d'habitants de New Delhi continuent de tousser et se frotter les yeux dans un brouillard de pollution dantesque, entraînant la fermetures des écoles, le ministre indien de la Santé conseille à la population de manger des carottes...

“Airpocalypse” à New Delhi. Une brume nauséabonde et écoeurante emprisonnait toujours la capitale indienne, cachant les bâtiments, s'immisçant dans les foyers, les bureaux et même les galeries souterraines du métro, envahissant de façon insupportable les voies respiratoires et les poumons.

Si New Delhi est régulièrement confrontée à des pics de pollution atmosphérique, celui-ci est l'un des plus violents que la mégapole ait connu ces dernières années. "J'ai mal à la tête chaque jour quand je me réveille. C'est parfois suffoquant de respirer. Les narines sont irritées et tout, les yeux aussi. Ça brûle", dit Ankusha Kushi, une étudiante de Delhi.

Pourquoi une telle pollution?

Chaque année au début de l'hiver, une conjonction de facteurs naturels (froid, vents faibles...) et humains (brûlis agricoles, émissions industrielles et automobiles, feux pour se réchauffer...) rend irrespirable l'air de New Delhi, l'une des villes les plus polluées de la planète.

À 10h00 locales (5h30 heure belge), l'ambassade américaine sur place enregistrait une concentration de particules fines PM2,5 de 469 microgrammes par mètre cube d'air. Des chiffres absolument alarmants lorsqu’on sait que l'Organisation mondiale pour la santé (OMS) recommande de ne pas dépasser une concentration de 25 en moyenne journalière.

Face à l’extrême pollution, mangez des carottes

Que font les autorités face à ce triste constat? Pas grand chose... Le gouvernement, et notamment le Premier ministre indien Narendra Modi, se tait dans toutes les langues alors que les habitants de la capitale suffoquent. Enfin, le ministre de la Santé Harsh Vardhan, directement concerné, a tout de même conseillé aux habitants de manger des carottes.

“Manger des carottes aide votre corps à obtenir la vitamine A, le potassium et les antioxydants qui permettent de lutter contre l’héméralopie (la diminution considérable de la vision lorsque l’éclairage est faible, NDLR). Elles aident aussi contre d’autres difficultés liées à la pollution”, a-t-il publié sur Twitter, avec un visuel à l’appui.

Un conseil de bon aloi, certes, mais dont l’accueil fut plus mitigé au sein de la population, comme le relève le HuffPost. “C’est votre premier conseil face à la pollution? Vous feriez mieux de quitter votre poste et de le laisser à quelqu’un capable de réellement faire quelque chose...”, lui a répondu un étudiant en sciences. D’autres lui ont répondu avec humour. Car il vaut certainement mieux en rire qu’en pleurer...

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Une brume nauséabonde et écoeurante emprisonnait toujours la capitale indienne ce lundi. © AFP
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Un homme marche dans les rues polluées de New Delhi, en Inde, le 3 novembre 2019. © REUTERS
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