Anuna De Wever: "Le message n'est pas encore passé chez tous les politiques"

VideoAnuna De Wever et les autres jeunes qui s'engagent avec elle via "Youth For Climate" dans des actions pour demander des politiques climatiques ambitieuses ont déjà été contactés par le nouveau ministre flamand en charge du climat, Koen Van den Heuvel, qui a remplacé Joke Schauvliege mercredi. C'est ce qu'a affirmé jeudi au micro de la télévision locale ROBtv Anuna De Wever elle-même. L'adolescente indique d'ailleurs que la fille du nouveau ministre flamand est visiblement à Louvain le même jour pour prendre part à la marche des jeunes pour le climat. Cette information est cependant démentie par le cabinet du ministre.

Koen Van den Heuvel a contacté la jeune femme et les autres activistes "pour voir ce que l'on peut faire". "Nous attendons davantage d'ambition et d'initiative du nouveau ministre", a résumé Anuna De Wever. "Il est bien que son arrivée fasse souffler un vent frais, et qu'il puisse venir avec de nouvelles idées. Nous espérons de tous les ministres de notre pays, qui sont chargés de la politique climatique, qu'ils montrent des ambitions élevées de manière à ce que notre pays puisse remplir les conditions fixées dans l'accord climat conclu à Paris".

Sur la démission de Schauvliege: "Ce n'était pas gai de la voir si triste"
Au moment de prendre la parole avant le début de la marche à Louvain, l'adolescente avait pourtant souligné que la démission de Joke Schauvliege n'avait pas été son but. "Ce n'était pas gai de la voir si triste. J'espère que le débat pourra maintenant pour une fois se concentrer sur la politique", a-t-elle sobrement noté. "Nous tentons de donner un message positif, de collaboration. Nous ne sommes pas pour le 'bashing' en ligne". Si Louvain a cette semaine été choisie, plutôt que Bruxelles, c'est que les initiateurs veulent vraiment toucher tout le pays, a-t-elle encore souligné.

"Nous continuerons de nous battre"
Selon Anuna De Wever, les quatre semaines de mobilisations successives n'ont pas encore permis de toucher tous les politiques: "Chez certains, le message n'est pas encore passé". "Nous continuerons de nous battre jusqu'à ce que nous soyons entendus", a-t-elle lancé sur la Ladeuzeplein, face aux plus de 10.000 jeunes rassemblés.

Si la jeune femme reste une figure de proue, notamment médiatique, du mouvement, c'est KlimaLeuven, un groupe de 12 élèves de trois écoles secondaires louvanistes, qui organisait la marche de jeudi.

Les organisateurs de la marche à Louvain "très contents" de la participation
Les organisateurs de la principale marche des jeunes pour le climat de ce jeudi, à Louvain dans le Brabant flamand, sont "très satisfaits" de l'affluence (plus de 10.000 personnes selon la police) et du déroulement de l'action, ont-ils indiqué jeudi après-midi à l'issue de la manifestation. "C'était super chouette, avec une ambiance chaleureuse et tout ce que nous avions souhaité", indique Gijs Bilsen du Sint-Albertcollege d'Heverlee. "Maintenant, on espère une réaction", ajoute le jeune homme, visant les politiques. L'action, soutenue par Youth For Climate, était organisée par un groupe d'élèves du secondaire de Louvain sous l'appellation KlimaLeuven.

Les jeunes ont, sur la Ladeuzeplein qui servait de point de départ et d'arrivée de la marche, transmis au bourgmestre socialiste de leur ville un ensemble d'exigences. Ce n'est que dans quelques jours que son contenu sera totalement dévoilé. 

"Nous espérons pouvoir bientôt nous attabler avec les autorités de la ville à ce sujet. Nous n'avons cependant pas encore rendez-vous", précise Bilsen. 

Les visages les plus médiatiques du mouvement Youth For Climate, ses initiatrices Anuna De Wever et Kyra Gantois, étaient bien sûr présents et bien visibles lors de la marche à Louvain. "Nous méritons une planète verte, un avenir sûr et des politiques qui prennent la responsabilité de mesures pour contrer le réchauffement climatique", a encore rappelé Anuna De Wever, 17 ans, à cette occasion. Comme c'est le cas depuis plusieurs semaines, les élèves souhaitent insister sur le fait que s'ils sont là, ce n'est pas pour le plaisir de "sécher" des cours, mais bien pour se battre pour la planète et son/leur avenir. "Nous ne sommes pas ici pour rater un jour d'école, mais à cause des petits jeux politiques qui ont des conséquences pour notre futur", ajoute Kyra Gantois, 19 ans. 

Côté francophone, la Namuroise Adelaïde Charlier se charge de donner une voix au mouvement Youth For Climate. Elle reprend les mêmes constats que De Wever et Gantois: les manifestations des jeunes font bouger les choses, mais pas encore suffisamment.

2.000 participants à la marche pour le climat d'Arlon
Quelque 2.000 jeunes, selon un chiffre avancé par l'organisation, ont participé jeudi à une marche pour le climat dans les rues du centre d'Arlon. A l'instar de ce qui a été organisé dans d'autres villes belges, cette marche a été portée par quatre adolescents fréquentant l'Institut Notre-Dame d'Arlon (INDA). Des élèves d'autres écoles de la région ont rejoint cette première marche du genre en province de Luxembourg. 

"J'ai eu l'idée de lancer cela il y a deux semaines en découvrant les images de la marche à Bruxelles, je me suis dit que nous pourrions aussi organiser quelques chose à Arlon afin d'interpeller les politiques et les industriels", indique Augustin Henrard, élève de 3e secondaire à l'INDA. Un appel a été lancé sur les réseaux sociaux. 

Finalement, il a mis cette marche sur pied avec trois autres adolescentes fréquentant la même école. 

La direction a marqué son accord pour autoriser la participation des élèves à la marche moyennant autorisation des parents. Le bourgmestre d'Arlon a également autorisé la marche. 

Le cortège s'est élancé sur le coup de 14h00 et était ouvert par les organisateurs portant un calicot sur lequel on pouvait lire "C'est du concret qui nous sauverait". D'autres pancartes étaient brandies par les jeunes participants avec des slogans comme "Quand c'est fondu, c'est foutu", "SOS Planète en détresse" ou "La fonte des glaces, oui mais donc mon Ice-Tea". La marche a reçu le soutien de parents et grands-parents. Des membres de la "Coalition Luxembourgeoise pour la Paix", regroupant des associations et mouvements d'éducation permanente, étaient aussi présents.