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Bouli Lanners. © photo_news

Bouli Lanners soutient les jeunes qui marchent pour le climat: "Vous devez faire de la désobéissance civile"

Lors d'une interview pour 7sur7, l'acteur et réalisateur belge, que nous avons rencontré à Bruxelles, dans le cadre de la promotion du film "C'est ça l'amour", nous a confié soutenir "à 100% les jeunes qui marchent chaque semaine pour le climat".

Au micro de 7sur7, l'acteur et réalisateur belge, connu pour son combat contre les centrales nucléaires, s'est longuement exprimé sur "les jeunes qui marchent chaque semaine pour le climat".

"Ils ont raison, c'est leur avenir"
"Cette marche, portée par les jeunes, me rassure. Tous les paramètres qui nous sont donnés n'augurent rien de bon. Ce n'est plus du tout du fantasme de savoir que quelque chose de douloureux va arriver, mais on veut savoir quand ça va arriver, et je pense que l'échéance est de plus en plus courte. Ça fait des années que je milite contre le nucléaire et contre le réchauffement climatique. Il était très dur de mobiliser des gens il y a deux ans. Et là, depuis 7 semaines maintenant, il y a une espèce de mouvement que je n'espérais plus, je ne pensais pas que ça allait arriver. Ouf, enfin, il y a une nouvelle conscientisation politique, citoyenne et environnementale qui vient de ces jeunes. Moi je les soutiens à 100%. Et ils ont raison, c'est leur avenir. C'est eux qui vont être directement impactés par les conséquences politiques du réchauffement climatique."

"Les jeunes ont une force déterminée, encore plus grande que la nôtre"

Des jeunes qui échangent également avec l'acteur et réalisateur. "J'ai participé aux deux premières grandes manifs. Et je continue à militer. Je ne comprends pas que les politiques veulent prolonger les centrales nucléaires, et même investir dans une nouvelle centrale, c'est complètement abscons puisque le nucléaire est moribond, il ne reste que 30 ou 40 ans d'uranium. C'est dans l'énergie renouvelable qu'il faut investir. Et, enfin, les jeunes prennent le relais avec une force déterminée, encore plus grande que la nôtre, avec quelque chose d'encore plus radical dans le propos, et ça me rassure. Il y a une conscientisation politique de la part d'une génération qu'on imaginait perdue dans les réseaux sociaux."

Une mobilisation de la jeunesse qui donne de l'espoir à Bouli Lanners. "Mais j'ai l'impression qu'ils ne sont pas entendus par les politiques. Et ça me rend fou. Les politiques ont une réaction absolument méprisante, ils ont un déni de ce qui se passe."

Si les manifestations organisées le jeudi par les élèves en faveur du climat continuent jusqu'en mai, certains risquent de dépasser 20 demi-jours d'absence injustifiée. Ils ne pourraient donc pas présenter leurs examens. "Les directeurs d'écoles qui y pensent sont dégueulasses. Quand on met dans la balance l'avenir réel des jeunes et quelques heures de cours ratés par an, c'est dégueulasse de les menacer. On a enfin des jeunes qui ont un réveil citoyen et politique. Et on sait que c'est pour le bien de tous. Il y a une volonté politique d'obliger les directeurs d'écoles, qui sont inspirés par la circulaire de Marie-Martine Schyns (Ministre de l'Éducation de la Fédération Wallonie-Bruxelles), à menacer les étudiants de ne pas manifester. J'entends Elio Di Rupo qui dit que les jeunes feraient mieux de manifester le mercredi après-midi ou le samedi. C'est insensé de la part d'un mec qui se dit socialiste, alors que toutes les luttes sociales ne se sont pas faites le dimanche quand les ouvriers avaient congé. Une révolution se fait au moment où elle doit se faire et ne tient pas compte d'un calendrier. C'est à se demander si (ces deux politiques) ont été jeunes et étudiants un jour. S'accrocher trop longtemps au pouvoir leur fait peut-être oublier leur passé militant. C'est dingue et effrayant."

"Ce que je dis aux jeunes? Vous devez vous exprimer. C'est votre avenir. Et vous devez faire de la désobéissance civile."