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En une journée, l’Éthiopie plante 350 millions d’arbres pour lutter contre la crise climatique

Les arbres sont en première ligne de la lutte contre la crise climatique. Les forêts absorbent le dioxyde de carbone, aident à combattre la désertification, l’érosion des sols, préservent la biodiversité et apportent des ressources vitales à la survie de l’humanité. Dès lors, planter des arbres pourrait constituer un choix prioritaire. Mais est-il suffisant?

Le 29 juillet, le gouvernement éthiopien annonce avoir planté, en une journée seulement et avec l’aide de nombreux citoyens, 353 millions d’arbres. Cette action s’insère dans un programme plus large, appelé “Initiative pour l’héritage écologique”, qui entend notamment planter 4 milliards de nouvelles pousses en l’espace de quelques mois, dans un pays où les forêts sont passées, en un siècle, d’un tiers de la surface du pays à quelques pourcents seulement.

Le jour J, dans les différentes zones de reboisement identifiées au préalable dans chacune des régions, les citoyens se sont rassemblés pour atteindre, et dépasser, l’objectif des 200 millions d’arbres plantés. Étudiants, fonctionnaires, ONG internationales, experts environnementaux, se sont rassemblés pour un effort commun, établissant ainsi, lorsque celui-ci aura été enregistré au Guinness Book, un nouveau record mondial. Le dernier record était détenu par l’Inde avec 66 millions d’arbres plantés en un jour.

L’objectif de la campagne est également de sensibiliser les acteurs locaux à une exploitation durable des forêts. Selon un rapport de la FAO datant de 2017, la déforestation serait due, notamment, à une croissance rapide de la population, augmentant les besoins en terres cultivables et l’exploitation du bois pour les besoins énergétiques domestiques et la construction. Le challenge est, comme toujours, complexe. Il demande un engagement fort des pouvoirs étatiques et une prise en compte des dimensions sociale, culturelle et économique pour établir un programme écologique sur le long terme.

En effet, planter les arbres ne suffit pas, il faut en prendre soin. Les conditions d’absorption du dioxyde de carbone dépendent des espèces plantées et de leur diversité, de leur résistance aux catastrophes naturelles et aux maladies, de la qualité des sols, ainsi que de la pression effectuée par l’extension des zones exploitées.

Alors que les forêts de la planète continuent de disparaître à un rythme alarmant, les campagnes de reforestation se propagent à travers le monde, espérant réduire les effets de la crise climatique. Celles-ci ne seront utiles que si les pays s’attachent également, et en premier lieu, à la préservation des forêts existantes, bien plus efficaces de par leur maturité et leur diversité que les jeunes pousses artificiellement plantées. Renouveler les forêts et diminuer l’exploitation doivent évoluer de pair!

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