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Illustration © Getty Images

Encouragés à œuvrer pour la biodiversité, pourquoi tant d’agriculteurs wallons rechignent-ils?

Les méthodes agroenvironnementales et climatiques (MAEC), l'outil de la Pac pour inciter les agriculteurs à agir pour la planète, peinent à séduire en Wallonie, signale mercredi La Libre. Le taux d'adhésion des agriculteurs à ces mesures est passé de 55% en 2013 à 45% en 2018.

Ce programme volontaire est pourtant essentiel pour la sauvegarde de la biodiversité. Il regroupe des pratiques agricoles favorables à l'environnement, à la conservation du patrimoine et au maintien des paysages en zone agricole. On y trouve par exemple la création de mares, l'utilisation de races locales menacées ou encore le maintien des haies.

"Il y a une réelle fracture entre ceux qui participent au programme et ceux qui n'y participent pas. Une partie du monde agricole ne semble pas du tout ouverte à cette approche-là et affiche un désintérêt pour la question", déplore dans La Libre Belgique Daniel Delvaux, chargé de mission et coordinateur chez Inter-Environnement Wallonie.

“Produire moins, c’est aller contre ses tripes”

Pour Thierri Walot, chargé de mission à l'UCLouvain, l'attractivité financière insuffisante de bon nombre de MAEC explique en grande partie le succès mitigé du programme ces trois dernières années. Des freins d'ordre psychologique expliqueraient également les réticences de certains fermiers. 

"Quand un agriculteur embrasse cette profession, c'est avant tout parce qu'il est un producteur. Avec la plupart des MAEC, on va lui demander de produire moins ou de ne pas produire du tout, ça va à l'encontre de ce qu'il a dans les tripes", estime Pierre-Yves Bontemps, coordinateur des conseillers MAEC pour Natagriwal, une association chargée d'accompagner les agriculteurs.