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Enervé par une question gênante, ce ministre français arrache le micro du journaliste

En visite au salon de l’Agriculture à Paris, Didier Guillaume, le ministre de l’Agriculture, a perdu son sang-froid face à un journaliste de France 5 qui l’interrogeait sur des mails compromettants envoyés par erreur par son ministère. Le ministre s’est emparé du micro de son interlocuteur et s’est défendu de tenir un “double langage”.

L’affaire concerne l’abattoir de veaux Sobeval, en Dordogne. L’établissement avait été épinglé par l’association de défense des animaux L214, qui avait demandé sa fermeture après diffusion d’une nouvelle vidéo montrant selon elle des infractions “multiples”, notamment “des signes de conscience ou sensibilité” des animaux. Les autorités, la préfecture de Dordogne ainsi que le ministre, avaient désamorcé en disant “qu’il n’y avait pas de mise en évidence de non-conformité à la réglementation”.

Il se trouve que des e-mails attestant du contraire sont parvenus par erreur à l’association en provenance... du ministère de l’Agriculture. Dans l’un des mails, un haut fonctionnaire écrit notamment avoir “fait la liste des NC (ndlr. non-conformités) indéniables, voire majeures relevées”. Ces courriels ont été mis en ligne par l’association sur son site internet.

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Lorsque le journaliste Tancrède Bonora, journaliste pour l’émission “C à vous” sur France 5, a mis le Ministre face à ses contradictions et lui a reproché un “double langage”, ce dernier s’est emporté et lui arraché son micro. “Je n’ai pas de double langage, a-t-il rétorqué, visiblement très mal à l’aise, avant de s’expliquer plus calmement. “J’ai communiqué en fonction des informations qui m’avaient été données. Ces informations ont été assez claires. Je n’avais pas de possibilité de voir autre chose. J’ai dit que si on devait avoir de nouvelles informations, je les donnerais”, s’est-il justifié, affirmant qu’il n’avait pas pris connaissance du mail en question au moment où il avait communiqué sur le dossier.

Face à l’insistance du journaliste qui lui a redemandé s’il n’était pas au courant des infractions supposées dans l’établissement, le Ministre a mis un terme à l’interview et s’en est allé. Une séquence qui met Didier Guillaume un peu plus dans l’embarras...

Les images révélées par L214 ont été tournées en novembre-décembre derniers à l’abattoir Sobeval de Boulazac, du groupe néerlandais VanDrie, un abattoir habilité pour les types d’abattage standard, qui concerne 70% de son activité, ainsi que casher et halal (30%). Il s’agit d’un abattoir de taille moyenne à l’échelle nationale mais le plus grand de Dordogne avec 3.400 veaux abattus par semaine, soit 24.000 tonnes de viande. Concernant l’abattage standard, L214 dénonce des “étourdissements réalisés en violation de la règlementation”, avec la tête des veaux pas totalement immobilisée au moment de l’étourdissement, donc des “tirs mal ajustés”, des animaux blessés mais conscients, et des “contrôles de l’inconscience et de l’insensibilité des veaux quasi-inexistants”.