Greta Thunberg tacle l’Europe: “Quand la maison brûle, on n’attend pas des années avant d’agir”

La jeune militante écologiste suédoise Greta Thunberg a tancé l'Europe et sa toute nouvelle proposition de "loi climat" mercredi après-midi, reprenant face aux eurodéputés de la commission Environnement les critiques qu'elle avait déjà émises quelques heures plus tôt dans une "lettre ouverte" aux décideurs européens et États membres publiée en ligne.

Greta Thunberg, à Bruxelles
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Greta Thunberg, à Bruxelles © Photo News

Le président de la commission Environnement du Parlement européen, le Français Pascal Canfin (Renew), a eu beau l'accueillir en lui assurant qu'elle se trouvait "face à une commission parlementaire qui est à la pointe de la lutte pour le climat", l'adolescente a critiqué sans détour l'"inaction" de l'Europe.

"En septembre, plus de 7,8 millions de gens sont sortis dans les rues" pour demander d'agir, rappelle Greta Thunberg en début d'intervention. "En novembre, le Parlement européen a déclaré l'urgence climatique et environnementale, vous avez dit que l'UE serait leader contre la menace existentielle que représente la crise climatique. C'est une nouvelle fantastique!" Mais "quand vos enfants ont activé l'alarme incendie, vous êtes sortis, avez regardé, reniflé l'air, constaté que oui, la maison brûle... Puis vous êtes rentrés, avez fini votre dîner, regardé un film et vous avez été vous coucher, sans même appeler les pompiers. Cela n'a pas de sens!", a-t-elle lancé. "Quand la maison brûle, on n'attend pas quelques années avant d'éteindre l'incendie, or c'est ce que la Commission propose aujourd'hui!”

Trop peu, trop tard

La proposition de loi climat présentée mercredi par l'exécutif européen est globalement "trop peu, trop tard", selon le discours de celle qui est devenue la figure mondiale des jeunes demandant des politiques plus drastiques pour protéger l'environnement et lutter contre le réchauffement climatique. Surtout, les objectifs européens ne tiennent pas compte du "budget carbone" tel que la science l'estime actuellement, soit les quantités globales de CO2 que l'on peut encore se "permettre" d'émettre si l'on ne veut pas dépasser un réchauffement de la planète d'1,5°C par rapport aux températures préindustrielles. Ce réchauffement d'1,5°C a été fixé comme objectif idéal de l'accord de Paris en 2015.

La proposition de loi climat de la Commission "est basée sur un budget CO2 qui nous donne en réalité bien moins que 50% de chances de limiter le réchauffement global à moins d'1,5 degré. Toute loi qui n'est pas basée sur les meilleures données scientifiques actuellement disponibles (...) ne sera pas suffisante", a-t-elle résumé, regrettant aussi que l'Europe "prétende qu'une loi que personne ne doit suivre est une loi". Il faut "drastiquement limiter les émissions à la source dès maintenant", car "quelques années 'business as usual' suffiront à épuiser notre budget carbone restant".

Avec Ursula von der Leyen et Frans Timmermans, présidente et vice-président de la Commission européenne
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Avec Ursula von der Leyen et Frans Timmermans, présidente et vice-président de la Commission européenne © REUTERS
Accueillie par David Maria Sassoli, président du Parlement européen
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Accueillie par David Maria Sassoli, président du Parlement européen © AFP
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