Plein écran
© REUTERS

L'état d'urgence déclaré à l'est de l'Australie en proie aux feux de forêt

L'état d'urgence a été déclaré lundi en Nouvelle-Galles du Sud, Etat le plus peuplé d'Australie (sud-est), où une soixantaine de feux de forêt mettent en péril la sécurité de la population. Les flammes ont déjà coûté la vie à trois personnes et détruit plus de 150 habitations. 

La Première ministre de Nouvelle-Galles du Sud, Gladys Berejiklian, a annoncé que l'état d'urgence était de mise dès lundi et pour sept jours consécutifs alors que les conditions météorologiques seront particulièrement menaçantes mardi, avec des températures élevées et des vents conséquents. 

Le chef des services d'incendie de l'Etat a recommandé la mesure à la Première ministre régionale prédisant "la semaine la plus dangereuse pour les feux de brousse que cette nation a jamais observé".
Les conditions climatiques sont qualifiées de "catastrophiques" dans trois régions en particulier: dans la périphérie de Sydney, capitale de l'Etat et ville la plus densément peuplée du pays, la région des vignobles de la Hunter Valley, à 250 km au nord de la métropole, et les régions d'Illawarra et Shoalhaven sur le littoral, au sud de Sydney. 

Plein écran
© REUTERS

En déclarant l'état d'urgence, les services d'incendie bénéficient de pouvoirs étendus pour mobiliser les ressources, coordonner les évacuations, fermer les alimentations en énergie (gaz, pétrole, électricité) et en eau.
La dernière fois qu'un tel état d'urgence a été déclaré en Nouvelle-Galles du Sud remonte à 2013. 

Les feux de forêt, dont la saison a débuté de manière précoce en septembre, ont déjà fait trois morts et une centaine de blessés la semaine passée, dont 20 pompiers. 

Un soixantaine de foyers sont actifs, dont pas moins de 40 ne sont pas sous contrôle. Plus d'un million d'hectares de terrain sont déjà partis en fumée, ce qui représente plus de trois fois la superficie brulée lors des trois dernières saisons de feux combinées, selon les pompiers.

Face à la situation, une quarantaine d'écoles pourraient rester fermées mardi et il a été conseillé à la population d'évacuer dans plusieurs régions. 

Le Premier ministre australien Scott Morrison s'est rendu lundi dans un centre d'évacuation à Taree, à 250 kilomètres de Sydney.

Dans l'État voisin du Queensland (nord-est), une cinquantaine de feux de brousse sont aussi à déplorer et ont détruit huit maisons. Si bien que l'état d'urgence est aussi de mise dans certaines zones de cet État qui avait déjà connu des incendies dramatiques début octobre.

Le lien avec le changement climatique, “délire de certains écologistes citadins illuminés”

Dans une déclaration polémique lundi matin, le vice-Premier ministre, Michael McCormack, a estimé que le lien établi entre le changement climatique et les "bush fires" était le fruit du “délire de certains écologistes citadins illuminés". 

Si les incendies se produisent chaque année pendant le printemps et l'été en Australie, le changement climatique exacerbe ces évènements et prolonge la saison des incendies, déclarée généralement du 1er octobre au 31 mars. 

Les évènements les plus extrêmes ont augmenté au cours des dernières décennies dans plusieurs régions en Australie, en particulier dans le sud et l'est, relevait le Bureau météorologique australien (BOM) dans un rapport de 2018. Associé à cela, il a y eu un allongement de la durée de la saison des incendies, analyse encore le bureau, qui conclut que "le changement climatique, dont l'augmentation des températures, contribue à ces changements".

Plein écran
Sydney. © REUTERS
  1. En 2019, les feux de forêt ont émis 6.000 mégatonnes de CO2: une année exceptionnelle

    En 2019, les feux de forêt ont émis 6.000 mégatonnes de CO2: une année exception­nel­le

    Entre le 1er janvier et le 30 novembre 2019, environ 6.375 millions de tonnes de CO2 ont été relâchées dans l'atmosphère à la suite des incendies de forêt, indique jeudi le service de surveillance de l'atmosphère (CAMS) du programme européen Copernicus. D'après les scientifiques, 2019 a présenté une activité exceptionnelle, tant en termes d'intensité des feux que d'émissions.