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Le directeur de l'IEA, Fatih Birol, et la ministre belge de l'Energie, Marie-Christine Marghem. © belga

L'IEA recommande à la Belgique de prolonger le nucléaire

L'Agence Internationale de l'Energie (AIE) recommande à la Belgique d'envisager une prolongation de la production nucléaire au-delà de la fermeture légale prévue en 2025, a indiqué jeudi son directeur exécutif Fatih Birol lors de la présentation de son rapport quinquennal en présence de la ministre fédérale de l'Energie Marie-Christine Marghem (MR).

"Afin d'assurer l'approvisionnement énergétique et d'atteindre les objectifs climatiques et économiques, la Belgique devrait considérer l'autorisation du nucléaire au-delà de 2025, si les conditions de sécurité sont réunies", a fait valoir M. Birol. "2025, c'est demain. A mes yeux, la Belgique n'est pas prête pour un tel changement", a-t-il ajouté, précisant que son rapport avait pour objectif d'avertir les autorités des conséquences de leurs décisions. Entre 2010 et 2015, la part du nucléaire dans l'approvisionnement en électricité est passée de 51% à 29%. Dans le même temps, la part des énergies renouvelables est passé de 9% à 18% et, surtout, la part des importations nettes a explosé, passant de 1% à 24%. La mise à l'arrêt des réacteurs de Doel 3 et Tihange 2 dans le courant de l'année 2015 ont toutefois amplifié ces chiffres.

L'AIE préconise également l'adoption d'une stratégie globale à long terme (pacte énergétique), un système de régulation stable favorisant les investissements et l'adoption de mesures proactives en matière de diversification énergétique. L'Agence salue par ailleurs la mise en place de la taxe kilométrique pour les véhicules de plus de 3,5 tonnes et suggère l'élargissement de la mesure à l'ensemble du parc routier. Elle encourage également le gouvernement fédéral dans sa politique d'augmentation des accises sur le diesel, permettant de ramener son prix au niveau de celui de l'essence à l'horizon 2018.

Parmi les points positifs relevés, l'AIE remarque que la Belgique a réussi depuis dix ans à dissocier croissance économique et émissions de CO2, une tendance qui s'est seulement amorcée l'année dernière au niveau mondial. Elle salue également un pays très flexible en matière de choix de fournisseur de gaz et d'électricité offert aux consommateurs.

Outre le nucléaire, l'AIE pointe quelques faiblesses. La rénovation du bâti doit être davantage encouragée, et le système fiscal favorable aux voitures de société et aux cartes essence devrait être supprimé progressivement, recommande l'AIE.

Dans sa réponse, la ministre fédérale de l'Energie Marie-Christine Marghem a précisé que le travail "sans tabous" visant à l'adoption d'un pacte énergétique était en cours. Elle a aussi rappelé que le gouvernement fédéral n'envisageait pas de modifier la législation prévoyant la sortie du nucléaire en 2025, "même si nous avons flexibilisé cette sortie".

L'AIE est une agence internationale basée à Paris et regroupant 29 pays membres, dont la Belgique.