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La chasse aux lions attire de nombreux Belges

Un récent rapport de l'organisation de protection des animaux IFAW mentionne une pratique particulièrement barbare à laquelle un peu plus de 80 Belges ont déjà participé: la chasse (touristique) au lion. Un safari qui coûte pas moins de 75.000 euros et qui contribue à la disparition des lions d'Afrique.

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Si de tout temps, la chasse aux animaux sauvages a été symbole de puissance et de réussite sociale, aujourd'hui un commerce touristique s'est développé autour de cette discipline et attire de plus en plus de nantis de la société.

Selon les chiffres à disposition de l'IFAW, pas moins de 10.000 lions sont chassés chaque année. Si les Américains sont les touristes les plus friands de cette discipline, il semblerait que celle-ci ait la cote auprès de certains belges, qui n'hésitent pas à délier les cordons de la bourse pour s'accorder une escapade en savane. Sur les 10.000 animaux tués chaque année, la moitié serait tuée par des Américains, 10% par les Espagnols, 6% par les Français et les Allemands. Les Belges seraient à moins de 1% (80 lions tués).

Des tours opérateurs spécialisés ont flairé le bon filon d'une activité dont le budget avoisine les 75.000 euros. Des formules all-in ont vu le jour et comprennent hébergement, repas,  permis d'arme, photos à côté de la victime fraîchement abattue et trophées-souvenirs à emporter à la maison.  Une formule à la carte peut également accorder une chasse à la girafe ou au zèbre, à condition d'y mettre un supplément compris entre 1.500 et 3.000 euros par animal. Pour l'anecdote, il appert que ce tourisme attire autant les hommes que les femmes.

Mais tuer un lion est une activité qui doit rapporter à l'Etat, qui impose le chasseur par lion abattu. Au Zimbabwe, cette taxe est estimée à 6.000 dollars par lion tiré, en Afrique du Sud, 25.000 dollars.

Cette chasse est une réelle menace pour la survie des lions d'Afrique, dont la disparition s'est accélérée en quelques années depuis que certains touristes fortunés et peu scrupuleux se paient une partie de chasse aux lions d'Afrique. Les mâles étant les plus prisés, un déséquilibre de la population s'amorce et provoque une baisse de la reproduction.

Selon le rapport de l'IFAW, la population de lions en Afrique est estimée entre 25.000 (selon certains avis réalistes) et 40.000 (selon certains chiffres optimistes) et a disparu de 80% des territoires qu'elle occupait il y a encore 100 ans. A ce jour, seuls sept pays (contre 26 il y a un siècle) comptent plus de 1000 lions à l'état sauvage : l'Afrique du Sud, le Botswana, l'Ethiopie, le Kenya, la Tanzanie, la Zambie et le Zimbabwe. (LS)