Plein écran
© afp

La construction d'un gazoduc de la Russie vers l'Europe à l'arrêt

Le président russe Vladimir Poutine a reconnu lundi à Ankara qu'il ne pouvait pas "en l'état" poursuivre le projet russo-italien de gazoduc South Stream, auquel l'Union européenne (UE) est opposée, en raison de l'opposition de la Bulgarie.

"Comme nous n'avons toujours pas reçu la permission de la Bulgarie, nous pensons que dans la situation actuelle la Russie ne peut pas poursuivre la réalisation de ce projet", a déclaré M. Poutine à la presse à l'issue d'une rencontre avec le président islamo-conservateur turc Recep Tayyip Erdogan.

Dans la foulée, le chef de l'Etat russe a annoncé que le géant gazier russe avait décidé "d'augmenter de 3 milliards de mètres cubes" les livraisons de gaz russe à la Turquie "afin de satisfaire ses besoins". "Nous allons faire une réduction de 6% du prix du gaz naturel à compter du 1er janvier" 2015 pour la Turquie, a-t-il ajouté.

Porté par le géant gazier russe Gazprom, le projet South Stream, d'un coût évalué à 16 milliards d'euros, est destiné à approvisionner l'Europe en gaz russe en contournant l'Ukraine. Il a été bloqué par l'Union européenne dans le cadre des sanctions visant Moscou dans son conflit avec Kiev.

Le projet russo-italien South Stream, dont le chantier a été officiellement lancé en décembre 2012, doit relier sur 3.600 kilomètres la Russie à la Bulgarie, pour se diriger ensuite vers l'Europe occidentale via la Serbie, la Hongrie et la Slovénie. Il doit avoir une capacité de 63 milliards de m3 par an.