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Premières images d'Elazig après le séisme © EPA

Le bilan du séisme en Turquie passe à 29 morts et 1.500 blessés: “La fin du monde”

Mise à jourLe bilan du séisme qui a touché l’est de la Turquie est passé à 29 morts samedi soir, alors que les secours redoublaient d’efforts à Elazig pour retrouver des victimes vivantes.

Un violent tremblement de terre de magnitude 6,8 a frappé vendredi soir cette ville de l’est de la Turquie. Près de 1.500 personnes ont été admises dans les hôpitaux d’Elazig et des villes environnantes, selon l’agence de presse étatique Anadolu, citant l’agence nationale des catastrophes AFAD. Selon cette source, 72 bâtiments se sont effondrés tandis que près de 1.000 ont été endommagés après 462 répliques depuis le séisme.

D’après la chaîne de télévision publique TRT, un total de 44 personnes ont été secourues. Selon le ministre de l’Intérieur Suleyman Soylu, 22 personnes se trouveraient toujours piégées sous les décombres.

Visite d’Erdogan

En signe de solidarité avec les sinistrés, le président Recep Tayyip Erdogan a assisté aux funérailles, à Elazig, d’une mère et de son fils tués dans le séisme. Il s’est ensuite rendu dans le quartier de Mustafa Pasa, où deux immeubles résidentiels se sont effondrés, affirmant que l'État ferait “tout ce qui est en son pouvoir” pour aider les habitants.

“C’était tellement long”

À Mustafa Pasa, quartier populaire aux rues poussiéreuses, plusieurs centaines de personnes étaient rassemblées samedi, observant les secouristes dans l’odeur âcre émanant de braseros de fortune. “Trois de mes proches sont coincés dans les décombres. Que Dieu nous vienne en aide. Nous ne pouvons rien faire, sauf prier”, confie Mustafa, qui habite le quartier et a préféré passer la nuit dehors, par crainte des répliques. “J’étais chez moi pendant le séisme. C’était tellement long !”, dit-il. “Ma femme et mes deux enfants criaient. Moi, j’étais incapable de bouger”, raconte-t-il, ajoutant que des voisins pris de panique ont sauté par la fenêtre.

Le corps d’un nourrisson retrouvé

Juchés sur l’amas de béton plié et de poutres fracassées de l’un des deux immeubles de quatre étages écroulés à Mustafa Pasa, une vingtaine de secouristes déblaient méticuleusement les gravats, un seau à la fois. Au moins quatre personnes ont été sorties vivantes des décombres samedi, selon des journalistes de l’AFP, et trois corps, dont celui d’un nourrisson, ont été retrouvés.

“La fin du monde”

Visage pressé contre une barrière de la police, Ayse Sönmez pleure en silence. “Ma soeur aînée”, murmure-t-elle en désignant l’un des immeubles écroulés, incapable d’en dire davantage. Postée devant une supérette non loin, Hayriye Durmaz, 32 ans, dit avoir vu les deux bâtiments s’affaisser. “C’est comme si la fin du monde était arrivée”, dit-elle en se frottant les mains pour les réchauffer. “Les voitures s’arrêtaient, les gens en descendaient et récitaient des prières”. Elle est interrompue par une ambulance quittant la scène sirènes hurlantes.

Plusieurs immeubles alentour, fissurés par la secousse, ont été évacués par précaution.

Les autorités accusées de minimiser les faits

Si la plupart des habitants de Mustafa Pasa louent le travail des secouristes, certains accusent les autorités de chercher à minimiser la gravité de la situation.“On nous dit que quatre personnes sont coincées sous les décombres de cet immeuble. Mais à moi seul, j’ai cinq proches qui y sont toujours !”, lance ainsi Suat, 45 ans. “Il y avait quatre étages et trois appartements par étage. Je vous laisse imaginer le nombre de personnes”. Selon la présidence turque, environ 2.000 secouristes ont été dépêchés dans la province d’Elazig et celle voisine de Malatya, elle aussi durement touchée. Des gymnases, des écoles et des bibliothèques ont ouvert leurs portes pour accueillir les personnes ayant fui leurs maisons après le séisme.

“Laxisme” sur les normes antisismiques

Immédiatement après le tremblement de terre vendredi, des internautes s’en sont pris au “laxisme” des autorités en matière de normes antisismiques, une accusation que rejette le gouvernement de Recep Tayyip Erdogan. Samedi, le bureau du procureur d’Ankara a annoncé l’ouverture d’une enquête visant les auteurs de “provocations” sur les réseaux sociaux.

Région sensible

La ville d’Elazig, dont l’agglomération compte quelque 350.000 habitants, dont une importante communauté kurde, est régulièrement secouée par des tremblements de terre. La Turquie est située dans une des zones sismiques les plus actives du monde. En 1999, un séisme de magnitude 7,4 avait frappé le nord-ouest du pays, faisant plus de 17.000 morts, dont un millier à Istanbul. Le dernier puissant séisme à frapper la Turquie (7,1 sur l’échelle de Richter) s’était produit en 2011 dans la province de Van (est), faisant plus de 600 morts. En septembre, un séisme de magnitude 5,7 avait touché Istanbul, la capitale économique du pays. Les experts estiment qu’un tremblement de terre majeur peut à tout moment toucher cette ville de plus de 15 millions d’habitants, où l’habitat, souvent anarchique, n’est que rarement aux normes antisismiques.

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Premières images d'Elazig après le séisme © EPA
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Premières images d'Elazig après le séisme © REUTERS
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