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Le projet mené par The Ocean Cleanup a pour objectif de vider la moitié de la grande zone d'ordures du Pacifique d'ici 5 ans © AP

Le succès du nettoyage d'Ocean Cleanup en est-il vraiment un?

Si l’organisation néerlandaise “The Ocean Cleanup” a annoncé la semaine passée que la nouvelle version de son système de nettoyage des océans avait ramassé du plastique pour la première fois dans le Pacifique, certains scientifiques se sont inquiétés de la présence d’animaux flottant parmi les déchets, a relaté samedi De Morgen.

La biologiste Rebecca Helm, de l’University of North Carolina (États-Unis), qui avait déjà exprimé ses craintes, a partagé sur Twitter une photo de The Ocean Cleanup où elle a entouré les animaux piégés “par centaines” parmi le plastique récolté, dont des vélelles (voir ci-dessous). Le biologiste David Shiffman, de la Simon Fraser University (Canada), voit dans le procédé une “mauvaise idée”: “Le fait que The Ocean Cleanup partage cette photo comme une preuve que les critiques étaient injustes est honnêtement déconcertant. Ils n’ont sans doute pas idée qu’il y a des centaines d’êtres vivants coincés dans leur filet, ce qui est aussi déconcertant”, a-t-il tweeté.

“La plus grande partie est du plastique, mais de la faune s’y trouve”, a confirmé à De Morgen le biologiste Lodewijk van Walraven, de l’institut royal néerlandais pour la recherche marine (NIOZ). Beaucoup d’animaux des couches supérieures de l’océan flottant passivement, le Dr van Walraven n’est pas étonné qu’ils soient cueillis au passage, ce qui n’est pas le cas par exemple des poissons.

Si le jeune Néerlandais Boyan Slat venait à accomplir les hautes ambitions de son projet, le biologiste Jan Andries van Franeker, de la Wageningen University (Pays-Bas), s’inquiéterait notamment des effets possibles sur l’écosystème.

The Ocean Cleanup a reconnu que des animaux se trouvaient parmi les déchets collectés, affirmant ne pas en être satisfait. L’impact serait en réalité limité. L’organisation insiste sur le fait qu’il ne s’agit pas de la version finale de son installation.

Boyan Slat avait précédemment indiqué que le programme de nettoyage portait sur une partie relativement petite de l’océan. En outre, une partie des animaux concernés se reproduiraient très rapidement. Ce à quoi Rebecca Helm répond que des espèces ne sont pas réparties uniformément partout dans les eaux.

Selon Lodewijk van Walraven, il est impossible d’estimer les conséquences d’une telle action sur plusieurs années. “Je trouve qu’il est prématuré de dire que The Ocean Cleanup a peu d’impact sur la vie océanique”, a-t-il conclu.

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