Le tueur du lion Cecil devient à son tour la cible

Walter Palmer déchaîne les passions depuis l'annonce de la mort de Cecil, le lion le plus célèbre du Zimbabwe. Ce riche dentiste américain a déclenché une nouvelle polémique sur les pratiques des amateurs de grande chasse en Afrique, en s'offrant la tête de ce lion mâle de 13 ans, vedette du parc Hwange et célèbre pour sa crinière noire.

Depuis, les internautes réclament justice et se vengent avec leurs armes. De nombreuses photos de Palmer ont été diffusées sur les réseaux sociaux, accompagnées d'insultes diverses. Des menaces de mort ont également été proférées, ainsi que des informations personnelles. Son cabinet, devenu un mémorial improvisé entre des messages hostiles, est fermé depuis le début de la polémique.

La page Yelp de son cabinet a par ailleurs été envahie de messages négatifs, assortis d'une cote maximale afin de leur assurer une meilleure visibilité. Certains ont été supprimés par Yelp. Idem pour sa page Facebook, maintenant suspendue. Une pétition demandant "justice pour le lion Cecil" a été mise en ligne: elle a déjà récolté près de 400.000 signatures.

Walter Palmer, qui est un habitué de ces pratiques choquantes, comme on peut le voir sur les photos partagées, a déclaré mardi soir: "Je regrette profondément que la poursuite d'une activité que j'aime et que je pratique avec responsabilité et dans la légalité se soit traduite par la mort de ce lion (...) dont je ne connaissais pas le statut de célébrité locale."

Mardi soir, l'animateur américain Jimmy Kimmel a définitivement fait de Palmer l'un des hommes les plus détestés du moment lors de son émission. "Est-ce si difficile pour vous d'avoir une érection, que vous en arrivez à tuer des animaux plus forts que vous ?" a-t-il notamment lancé.

Plein écran
© reuters

Cecil, un lion mâle de 13 ans remarquable par sa crinière noire, portait un collier GPS dans le cadre de recherches financées par l'université anglaise d'Oxford.

Un animal mort aurait été attaché à un véhicule pour l'attirer en dehors du parc national de Hwange, où il était protégé. Blessé par flèche, il n'aurait été achevé au fusil que 40 heures plus tard, puis dépecé et décapité. Pour 50.000 dollars.

Dans un article consacré au chasseur en 2009, le New York Times rapportait qu'il pouvait atteindre une carte à jouer à 90 mètres de distance avec son arc à poulies et qu'il jouissait d'une réputation de puriste car il n'emportait pas d'arme à feu. Palmer, qui a appris à tirer à cinq ans, venait d'abattre un élan majestueux pour tenter de décrocher un record.

A l'époque, il avait tué 28 des 29 animaux qualifiés de trophées par Pope and Young, qui répertorie notamment les mensurations des animaux abattus.

A son tableau de chasse figurent 43 trophées, tous abattus à l'arc, selon le site de l'organisation Safari club international, cité par le journal Star Tribune.

Walter Palmer a indiqué mardi qu'il se tenait le cas échéant à la disposition des autorités américaines et zimbabwéennes.

Ce n'est pas la première fois que sa passion lui cause des problèmes. En 2008, il a plaidé coupable devant un tribunal fédéral du Wisconsin pour avoir menti à un agent fédéral sur les circonstances de la mort d'un ours noir deux ans plus tôt. L'animal avait été abattu à 65 km de la zone pour laquelle il avait un permis de chasse, et sa carcasse y avait ensuite été déplacée. Palmer avait été condamné à un an de mise à l'épreuve et près de 3.000 dollars d'amende.

En 2003, selon plusieurs médias, il avait payé une faible amende pour avoir pêché sans permis dans le Minnesota. Ils rapportaient également qu'il avait conclu en 2009 un accord avec le Minnesota board of dentistry. Il était accusé de harcèlement sexuel par sa réceptionniste, également patiente, qui a obtenu 127.500 dollars de réparations.

Selon sa page professionnelle désormais indisponible, ce natif du Dakota du Nord est marié et père de deux enfants. Il est diplômé de l'université du Minnesota.

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