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Les agriculteurs japonais risquent gros

Légumes interdits à la vente, champs entiers abandonnés dans un vaste périmètre autour de la centrale endommagée de Fukushima: les agriculteurs japonais de l'une des principales régions productrices de l'archipel risquent de payer un lourd tribut à l'accident nucléaire.

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"Nous aurions dû récolter en ce moment même, mais nous ne savons absolument pas si nous pourrons ensuite vendre notre production", explique Tadayoshi Tsugeno, qui cultive du mitsuba, sorte de persil, à Nihonmatsu, commune de la préfecture de Fukushima, à 45 km de la centrale.

"On nous dit de nous en débarrasser mais cela va nous coûter de l'argent. C'est mon principal revenu de l'année", s'inquiète cet agriculteur de 59 ans. Après la découverte de niveaux de radioactivité anormalement élevés dans des légumes verts, plus d'une dizaine de ces légumes ainsi que le lait cru, provenant de quatre préfectures de la région de Fukushima sont interdits à la vente depuis la semaine dernière.

Exportations limitées
De nombreux pays étrangers, dont les Etats-Unis, l'Australie, le Canada, la Russie, la Chine et Taïwan, ainsi que l'Union européenne, ont annoncé des mesures d'interdiction ou de restriction à l'importation de produits frais nippons. Singapour, qui avait déjà pris des mesures d'interdiction, a même étendu l'embargo à certains fruits et légumes produits dans tout le Kanto, une large zone incluant l'agglomération de Tokyo et ses environs.

Dimanche, les autorités nippones ont également annoncé avoir détecté un niveau anormalement élevé de radioactivité dans une laitue destinée au marché de Nagoya (centre) et produite dans la préfecture d'Ibaraki, entre Fukushima et Tokyo, mais à un taux sans danger pour la santé.

Compensations demandées
Le manque à gagner est d'autant plus lourd pour les maraîchers nippons que la réputation d'excellence de leurs produits leur permettait de vendre leur production à bon prix, au Japon comme à l'étranger. Mais l'accident nucléaire à la centrale de Fukushima, consécutif au séisme et au tsunami du 11 mars, qui a entraîné l'évacuation dans un rayon de 20 km, pourrait bien mettre en péril cette réputation.

Puissant lobby à travers ses coopératives, le secteur agricole, largement subventionné, a déjà commencé à faire pression auprès du gouvernement pour obtenir des compensations.

Vigilance
Non loin de la centrale, à quelques kilomètres de la ferme de M. Tsugano, Misako Anzai, responsable d'un supermarché, confirme qu'elle a dû retirer des étals les légumes produits localement et s'approvisionner plus loin, en dépit du surcoût et des conséquences pour les fermiers locaux.

"Notre fournisseur local s'est plaint hier et nous a demandé s'il pouvait vendre ses produits. C'est triste, mais nous ne pouvons pas", dit-elle. "Nous devons nous montrer extrêmement vigilants avec ce que nous achetons tous les jours", témoigne Mizuko Ouchi, une cliente du supermarché, occupée à remplir son panier de produits frais.

"Si j'ai la possibilité d'acheter des produits alimentaires provenant d'une autre région, très éloignée de Fukushima, je le ferai". Une réaction de précaution qui n'est pas sans inquiéter Satoru Abe, qui cultive des arbres fruitiers. Au milieu de ses poiriers, dont les fruits seront récoltés fin août, il avoue que "tous les agriculteurs sont très préoccupés en ce moment". "C'est une situation très inquiétante. Nos fruits sont notre gagne-pain, si nous ne pouvons pas les vendre, nous n'aurons aucun revenu", assure-t-il. (afp)

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