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© OLIVER BERG / EPA

Les émissions belges de CO2 ont augmenté

Les émissions de gaz à effet de serre ont légèrement augmenté en Belgique en 2018, rapporte De Morgen ce mercredi. Un constat amer qui montre que notre pays n'est pas en voie d’atteindre les objectifs climatiques fixés par l’Union européenne.

Les derniers chiffres concernant les émissions de gaz à effet de serre pour la Belgique ont été communiqués sur climat.be, le portail du gouvernement fédéral sur le changement climatique. Et les résultats ne sont pas bons. En effet, les émissions totales de GES se sont élévées en 2018 à 118,3 millions de tonnes “d’équivalent CO2", soit une augmentation de 0,28 % par rapport à 2017. Les émissions de CO2 étroitement liées à la consommation d’énergie ont quant à elle augmenté de 0,63 %.

Les émissions de la Belgique stagnent depuis 2014 et elles ont donc légèrement augmenté en 2018. Pour Mathias Bienstman, expert climatique au Bond Beter Leefmilieu, cela peut s’expliquer par la fermeture de plusieurs centrales nucléaires la même année.

La Belgique, mauvais élève européen

Les mauvais chiffres belges pour 2018 contrastent en tout cas avec la tendance européenne. Pour la même année, l’Agence européenne pour l’environnement (AEE) a récemment prévu une réduction de 2% des émissions de gaz à effet de serre dans l’UE, principalement en raison d’une moindre consommation de charbon.

Cela confirme le signal envoyé par l’AEE en novembre: la Belgique n’est pas sur la bonne voie pour atteindre les objectifs climatiques fixés par l’Europe. Avec les mesures actuelles, la Belgique ne réduira ses émissions de CO2 que de 13,3% d’ici 2030, soit 21,7 points de moins que l’effort promis, qui prévoit une réduction de 35 % par rapport à 2005.

“Pour réaliser nos ambitions, nous devrions réduire nos émissions de 2 à 3% chaque année, idéalement de 4 à 5%, souligne M. Bienstman. Selon lui, le secteur du transport reste problématique. En outre, le développement des énergies renouvelables est bien trop timide. En principe, la Belgique devrait déjà atteindre 13% d’énergie verte d’ici 2020, mais en 2018, elle ne représentait que 9% de l’énergie totale. 

Dans l'attente d’un gouvernement

Et il ne faudra pas s’attendre à une chute des émissions de GAE en 2019, compte tenu de l’absence prolongée d’un gouvernement fédéral de plein exercice. Quand bien même, les résultats ne se feront pas sentir avant plusieurs années, pointe l’expert. 

Enfin, Mathias Bienstman appelle le prochain exécutif à s’attaquer au régime fiscal des voitures de société, à  assurer une électrification rapide du parc automobile et à investir dans la SNCB.