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Les oiseaux propagent du plastique à travers le monde

Chaque année, les oiseaux de mer participent sans le vouloir à un transport inattendu: par leur biais, ce sont des tonnes de plastique qui parcourent des milliers de kilomètres jusqu'aux quatre coins du monde.

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Les oiseaux ingurgitent par erreur de petits morceaux de plastique en mangeant. Or, l'augmentation de la présence de ces plastiques a un impact majeur sur le taux de mortalité des oiseaux, mammifères marins et autres poissons.

Prenez l'albatros sur les atolls éloignés de l'océan Pacifique: ils nourrissent leurs poussins avec de petits morceaux de plastique qui ressemblent à de la nourriture, jusqu'à ce que ces petits meurent de malnutrition.

45 tonnes de plastique
Presque tous les oiseaux de mer ont du plastique dans l'estomac. Les experts affirment que cela vaut aussi pour les tortues de mer et de nombreuses espèces de poissons.

Le fulmar est un oiseau marin commun, on en rencontre des millions à travers le monde. Ces oiseaux transporteraient à eux seuls 45 tonnes de plastique par an par le biais de leur estomac. Il s'agit d'une estimation de Jan Andries van Franeker, biologiste au sein d'IMARES, l'Institut des ressources marines et des études de l'écosystème, à Wageningen.

Au cours des trente dernières années, Van Franeker a découvert du plastique dans l'estomac de plus de 95% des pétrels sondés dans la mer du Nord. C'est aussi le cas pour les espèces voisines, dont les pétrels de Wilson. Ces derniers transportent environ 35 tonnes de plastique depuis leurs lieux d'hiver, dans l'Atlantique Nord, jusqu'à leurs aires de reproduction en Antarctique.

Mégots et bouchons de bouteille
Les océans sont de plus en plus pollués par une énorme quantité de plastique, de matériel de pêche et d'autres types de déchets. Il n'existe pas de chiffres exacts, mais il s'agirait de quantités énormes. En 2006, le Programme des Nations Unies pour l'environnement aurait estimé ce nombre à 13.000 morceaux de plastique flottants par mètre carré.

L'ONG américaine Ocean Conservancy participe depuis 25 ans au nettoyage des plages et des côtes. En 25 ans, environ neuf millions de bénévoles, dans 152 pays, ont nettoyés et catalogués 66 millions de kilogrammes de déchets. Les trois premiers types de déchets sont: les mégots de cigarettes, les bouchons de bouteilles et les emballages alimentaires. Viennent ensuite les sacs en plastique, les bouteilles et les pailles.

"Les gens ne réalisent pas combien cette pollution est dangereuse", déclare Achim Steiner, directeur du Programme des Nations Unies pour l'environnement (PNUE). Selon Steiner, ce problème est "invisible" et est donc ignoré. De nouvelles recherches scientifiques ont montré que les particules de plastique ou de produits chimiques sont nocives pour le système endocrinien, avec des conséquences graves pour les espèces marines et pour les humains.

Le plastique ne se décompose pas
Chaque année dans le monde environ 260 millions de tonnes de plastique sont produits. Par comparaison, en 1950, ce nombre s'élevait à seulement cinq millions de tonnes. Chacun, dans les pays développés, utilise en moyenne environ cent kilogrammes de plastique par an. Dans les pays en développement, on descend à vingt kilogrammes, mais on constate une hausse considérable depuis ces dernières années.

Le plastique n'est pas biodégradable, mais peut se diviser en petits morceaux, jusqu'à devenir microscopique. Ces particules microscopiques errent ensuite des centaines d'années dans l'environnement. Selon Steiner, de nouvelles politiques en la matière sont nécessaires. Il plaide pour une extension du système sud-coréen de la responsabilité des producteurs. Ce système impose aux fabricants et aux importateurs de recycler une certaine quantité de leurs produits.

Au cours des cinq dernières années, depuis le lancement du programme en Corée, plus de six millions de tonnes de déchets ont été recyclés, dont 70.000 tonnes de plastique. Le programme a soulevé un total de 1,1 milliard d'euros et a été à la source de la création de nombreux nouveaux emplois.

Le plastique biodégradable n'existe pas!
Van Franeker préconise également d'autres politiques: "Un système de consigne obligatoire pour le plastique serait un premier pas". Ce système existe déjà en Allemagne, aux Pays-Bas et dans les pays scandinaves. Résultat: plus de 95% de toutes les bouteilles en plastique sont recyclés.

Van Franeker termine par un avertissement: "Le plastique biodégradable ou compostable devrait être interdit. Les bouteilles en bioplastique contiennent autant de plastique que les bouteilles en plastique classiques. La seule différence est que le bioplastique se décompose en microparticules plus rapidement. Nous ne pouvons pas le voir, mais il est toujours là".

Le biologiste ne s'élève pourtant pas contre l'utilisation du plastique: "C'est un beau matériau. Nous avons juste besoin de le sécuriser et de le rendre réutilisable". (ca)

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