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Capture d'une écran d'une vidéo Waffnews.

Nouvelle pluie d'oiseaux morts en Alabama: un "phénomène courant"

Dans la saga des centaines d'oiseaux morts qui tombent mystérieusement du ciel, voici le dernier épisode en date. Pas de quoi y voir un signe de la fin du monde, selon les scientifiques.

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Le dernier phénomène en date est survenu dans la ville de Tanner, en Alabama.
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Des centaines d'oiseaux morts jonchent une route d'Arkansas. © ap
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Le phénomène a également été signalé en Suède. © ap
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Banc de poissons morts dans la baie de Chesapeake, dans le Maryland.

Après l'Arkansas, la Louisiane, le Kentucky, la Suède, l'Italie et la Roumanie, c'est à présent dans l'état d'Alabama que s'est abattue une nouvelle pluie d'oiseaux. Environ 300 oiseaux morts, identifiés comme des quiscales, ont ainsi été trouvés sur le bas-côté de l'autoroute I-65 dans la ville de Tanner, relate le Daily Mail.

Selon un biologiste de la région, les oiseaux seraient morts à la suite d'un choc contondant, peut-être heurtés par un camion, a rapporté la télévision locale WAFF.

Vague de décès énigmatiques
Cette nouvelle nuée d'oiseaux décédés dans des circonstances étranges n'est que la suite d'une vague de décès tout aussi énigmatiques survenus chez des animaux aux quatre coins de la planète. Parmi ceux-ci, on a notamment dénombré 2 millions de poissons morts dans la baie de Chesapeake sur la côte est des Etats-Unis, 150 tonnes de tilapia rouge au Vietnam ou encore 40.000 crabes en Grande-Bretagne.

Jamais reliées avant
Bien que des internautes voient en cette vague massive de décès un signe biblique, un complot mondial ou encore une preuve de la mauvaise santé de notre planète, la réalité serait toute autre, selon certains biologistes. Ce genre de mortalités massives se produiraient fréquemment et de façon indépendante, si bien qu'on ne les avait jamais reliées avant. Des documents fédéraux prouveraient ainsi que ce phénomène survient en moyenne tous les deux jours en Amérique du Nord. Météo, maladie, pollution, les causes de ces décès seraient nombreuses et variées, même si parfois, on n'y trouve aucune explication.

De nombreux cas similaires
L'US Geological Survey National Wildlife Health Center suit ainsi ces phénomènes depuis les années 70, indique un spécialiste des maladies de la faune, le Dr LeAnn White. Au cours des huit derniers mois, elle aurait ainsi dénombré 900 urubus à tête rouge qui semblait se noyer et mourir de faim dans les Florida Keys, 4.300 canards tués par les parasites dans le Minnesota, 1500 salamandres tuées par un virus dans l'Idaho, 2000 chauves-souris qui sont mortes de la rage au Texas, et la mort encore mystérieuse de 2.750 oiseaux de mer en Californie.

En moyenne, 163 événements sont signalés au gouvernement fédéral chaque année, selon les dossiers de l'USGS. "Selon les espèces, certains de ces phénomènes ne sont même pas signalés", précise le Dr White.

Vitesse de communication
Pour E.O. Wilson, biologiste de l'université de Harvard, la mise en relation de ces phénomènes curieux est dûe à la vitesse avec laquelle nous communiquons désormais grâce à internet et les téléphones portables. "Entrevoir des choses mystérieuses comme le présage de dangers à venir dans des phénomènes inhabituels fait partie de l'instinct humain", explique Wilson. "Ne vous inquiétez pas, il ne s'agit pas d'un signe que le monde est en train de prendre fin", poursuit-il.

Selon Wilson, le fait que des personnes sont désormais à même de prendre des photos de centaines d'animaux morts et de les publier sur internet grâce à leur smartphone donne une vision biaisée de ce qui se passe dans l'environnement.

Ironie
"L'ironie dans tout ça, est que ce phénomène de mortalité massive occulte le problème d'une extinction de masse plus lente de milliers d'espèces dûe à l'activité humaine", regrette E.O. Wilson. (vt)