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Plan climat en Flandre: la vitesse sur le ring de Bruxelles sera limitée à 100 km/h

Mise à jourLe gouvernement flamand est parvenu à dégager lundi un accord sur son plan Energie-Climat portant sur la période 2021-2030. L’objectif visant à réduire les émissions de CO2 de 35% à l’horizon 2030 a été revu à la baisse. L’exécutif espère toutefois combler l’écart dans les prochaines années, entre autres grâce à des innovations technologiques. Il est également prévu de limiter la vitesse maximale sur le ring de Bruxelles à 100 km/h.

La Flandre misera donc sur une réduction de ses émissions de gaz à effet de serre de 32,6% d’ici 2030. “Ambitieux, tenable et abordable”, a commenté la ministre flamande de l’Environnement, Zuhal Demir (N-VA).

À l’échéance convenue, l’objectif initial d’une baisse de 35% a finalement été jugé impossible à atteindre. Le gouvernement n’y renonce toutefois que temporairement, a assuré le ministre-président, Jan Jambon (N-VA). Grâce à des innovations, de nouvelles mesures européennes et fédérales ainsi que les gains de l’économie circulaire, l’écart devrait pouvoir être comblé dans les dix prochaines années, espère l’exécutif flamand.

Sur les 350 mesures contenues dans le plan, seule une petite partie a déjà été dévoilée. Le gouvernement a notamment prévu de limiter la vitesse maximale sur le ring de Bruxelles à 100km/h contre 120 actuellement. 

Bruxelles emboîte le pas 

La Région bruxelloise alignera la nouvelle limite de vitesse sur la portion de 5,5 kilomètres du Ring située sur son territoire sur celle de 100km/h, a indiqué lundi le cabinet de la ministre bruxelloise de la Mobilité Elke Van de Brandt (Groen).

C’est “bon pour le climat ainsi que pour la fluidité du trafic et la sécurité”, a commenté par ailleurs la ministre, se réjouissant de la mesure sur son compte Twitter.

Des prêts jusqu’à 30.000 euros à 0%

Le gouvernement flamand agira également pour réduire les émissions de CO2 du secteur agricole de 25% d’ici 2030.

Des rénovations obligatoires du parc immobilier résidentiel ne sont pas prévues, mais l’exécutif entend encourager les propriétaires à investir à cette fin. Les personnes qui achèteront un bien et le rénoveront dans les cinq ans pourront donc prétendre à des prêts jusqu’à 30.000 euros à 0%.

D’ici à la fin de l’année, la Belgique doit remettre son plan national Energie-Climat à la Commission européenne. L’accord atteint en Flandre ainsi que ceux obtenus dans les autres Régions y seront intégrés. 

L’opposition flamande fustige le plan 

Le sp.a et Groen, tous deux dans l’opposition en Flandre, ont fustigé lundi les manques du plan dévoilé par le gouvernement flamand. “Il est navrant qu’ils aient dû passer tout le week-end à y réflechir”, a commenté le député Bruno Tobback (sp.a).

Initialement prévue vendredi, la présentation du plan avait été reportée à lundi, faute de consensus entre les partis sur les objectifs et le chiffrage de certaines mesures.

Malgré ce délai, la copie remise par l’exécutif de Jan Jambon (N-VA) déplaît fortement aux socialistes flamands. La revue à la baisse, prétendument temporaire, de l’objectif de réduction des émissions de CO2 à 32,6% à l’horizon 2030 est en ligne de mire. “Une réduction temporaire d’un objectif, ça n’existe pas. Les coûts seront tout simplement répercutés”, estime M. Tobback.

Selon lui, même revue à la baisse, l’ambition flamande ne peut pas être atteinte grâce aux mesures annoncées ce lundi. “La limitation de la vitesse à 100 km/heure sur le ring de Bruxelles est absurde. Je pense qu’on peut uniquement rouler à cette allure un maximum de deux heures par jour”, ironise-t-il.

Le socialiste ne croit pas beaucoup plus dans les prêts à taux 0 proposés pour les nouveaux propriétaires qui rénoveraient leur bien.

Du côté de Groen, l’enthousiasme n’est pas non plus de mise. “Une ambition insoutenablement basse”, dénonce la présidente des Verts, Meyrem Almaci.

Le chef de groupe écologiste au parlement flamand, Björn Rzoska, parle lui d’un plan “entièrement insuffisant”, rappelant au passage les objectifs plus ambitieux décidés par les régions bruxelloise et wallonne. À ses yeux, le gouvernement flamand ne prend tout simplement pas ses responsabilités.

“La Belgique à présent en ordre de bataille pour la COP25"

De son côté, la ministre fédérale de l’Energie, de l’Environnement et du Développement durable, Marie Christine Marghem, a salué lundi l’adoption par la Flandre de son plan Energie-Climat, ce qui va permettre à la Belgique de présenter un plan agrégé d’ici le 31 décembre, comme le demande la Commission européenne.

Tout en félicitant la ministre Zuhal Demir qui “n’a certainement pas ménagé ses efforts afin de dégager un compromis difficile au sein du gouvernement flamand”, Mme Marghem constate que l’ambition flamande en terme de réduction de gaz à effet de serre est désormais “inférieure à -35%...” Le gouvernement flamand mise sur une réduction des émissions flamandes de 32,6% d’ici 2030.

“Néanmoins les plans fédéral et régionaux vont maintenant pouvoir être agrégés et la Belgique peut déjà se présenter en ordre de bataille à la COP25 à Madrid”, estime dans une réaction à l’agence Belga Mme Marghem, qui est attendue mardi à Madrid pour le segment ministériel de la conférence de l’Onu sur le climat.

“Après l’adoption du plan bruxellois, wallon et fédéral, c’était la dernière contribution nécessaire afin que la Belgique puisse présenter les efforts qu’elle accomplira d’ici 2030. Les discussions entre les différents ministres compétents se poursuivront à partir de mardi à la COP et le plan national sera examiné en comité de concertation le 18 décembre”, a précisé la ministre fédérale.

Selon le PTB, le plan présenté lundi est tout simplement “mauvais pour la planète et pour le porte-monnaie”, selon les mots de Jos D’Haese, le chef de groupe au parlement régional. La barre est placée bien trop bas, et les failles d’un plan si peu ambitieux vont peser sur les finances, estime en substance le parti de gauche, qui affirme que le gouvernement devra dépenser “93 millions en droits d’émission” de gaz à effet de serre pour en compenser les manques, selon ses calculs. Dans un communiqué sévère, le parti fustige le manque d’avancées dans les transports en commun ou dans l’élargissement des zones boisées (“une promesse qui date de 1997" et pour laquelle il n’y a “toujours pas de mesure concrète”), le manque d’ambition et de vision globale, et le fait que le gouvernement ne semble pas vouloir réellement cibler les plus gros pollueurs, selon Jos D’Haese.

Quant au Vlaams Belang, il estime que le gouvernement a bricolé à la hâte un plan climat pour permettre à sa ministre compétente de s’envoler vers la COP25 à Madrid sans avoir les mains vides. Quant à la mesure de limiter à 100km/h la vitesse maximale sur le ring de Bruxelles, il s’agit de “show”, estime l’extrême droite, qui note que “la vitesse moyenne en heure de pointe y est en-dessous des 60km/h, la mesure n’y aura donc aucun effet”. Par ailleurs, les émissions nocives sont surtout maximales en cas d’embouteillages, et cela ne va pas changer, affirme le VB, qui plaide pour un élargissement du ring et l’installation de panneaux intelligents limitant la vitesse en fonction des circonstances.

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